Le Japon redoute un “mégaséisme” alors que les secousses se multiplient à Hokkaido

Le Pays du Soleil-Levant est sur le qui-vive après une vague de secousses au large de sa deuxième plus grande île, Hokkaido. Les autorités exhortent les habitants à se préparer à toute éventualité, alors que le spectre d’un “mégaséisme” refait surface.

Depuis le vendredi 30 mai, une série de tremblements de terre au large d’Hokkaido ravive les inquiétudes face au risque d’un séisme majeur. Ce jour-là, un séisme de magnitude 5,4 s’est produit au nord de la préfecture, à proximité de la redoutée fosse des Kouriles, autrement appelée fosse de Chishima par les Japonais.

Le lendemain, samedi 31 mai, en l’espace de six heures, pas moins de cinq secousses ont été enregistrées, allant de magnitude 4,3 à 6,1. Puis, lundi 2 juin à 4 h 08 du matin (heure locale), un séisme de magnitude 4,7 a frappé au large de la côte sud-est, toujours à proximité de la fameuse dépression sous-marine où convergent deux plaques tectoniques, à peine 16 minutes après un tremblement plus puissant de magnitude 6,3. Cette activité sismique intense a déclenché l’alerte dans une région où le souvenir du tsunami de 2011 reste vif.

Si l’Agence météorologique japonaise (JMA) souligne que ces événements sont traités comme isolés et ne déclenchent pas automatiquement une réaction en chaîne, elle rappelle que la zone est sismiquement instable. “Ce type d’activité s’est déjà produit, et il ne s’agit pas d’un signe clair d’un séisme imminent”, explique Fumiaki Tomita, chercheur à l’université de Tohoku, au South China Morning Post. Il insiste toutefois sur l’importance de la vigilance :

Le risque de mégaséisme demeure réel et il pourrait se produire à tout moment. Il est crucial que les habitants soient prêts à évacuer à tout instant.

199 000 morts ?

Une étude publiée en mars 2025 sur la fosse des Kouriles alertait déjà sur l’accumulation de tensions entre les plaques tectoniques qui s’y trouvent, la plaque Pacifique et celle d’Okhotsk, susceptible de déclencher un séisme de magnitude 9.

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En outre, la JMA a diffusé dès cette période des brochures préventives aux habitants d’Hokkaido et du nord-est du pays, évoquant la possibilité de tsunamis pouvant atteindre 30 mètres. En cas de séisme majeur, les autorités estiment que jusqu’à 199 000 personnes pourraient perdre la vie, notamment si la catastrophe survenait en hiver, sous des températures glaciales.

À Hiroo, une ville de 7 000 habitants située à proximité de l’épicentre des dernières secousses, la population reste sur ses gardes.

“Les habitants ont bien ressenti les tremblements, mais ils ne sont pas paniqués”, a confié un responsable de la mairie au South China Morning Post.

Lors du séisme du 11 mars 2011, la ville avait déjà été touchée par des vagues de trois mètres et avait dû être évacuée. Aujourd’hui, les autorités rappellent les consignes : rester informé, préparer des kits de survie, et connaître les chemins vers les hauteurs. Comme le souligne Fumiaki Tomita, “nous ne pouvons pas prédire les séismes, mais nous pouvons nous y préparer”.

GEO (avec 6medias)