Dans “Ils se sont tant aimés”, la journaliste Léna Lutaud décrit la guerre totale qui se joue dans le clan Hallyday pour une succession à plus de 100 millions.
Grand reporter au service culture du Figaro, et co-auteure du livre “Les dessous de la presse people” (La Martinière), Léna Lutaud a mené une minutieuse enquête de plus de trois mois sur les dessous de cette guerre totale qui se joue autour du sulfureux héritage de Johnny Hallyday.
À l’occasion de la sortie de son ouvrage “Ils se sont tant aimés” (Albin Michel) -en librairie depuis le 7 novembre-, elle dévoile pour Challenges le fruit de ses nombreuses découvertes.
Challenges. À combien évaluez-vous la succession de Johnny Hallyday?
Léna Lutaud, auteure de “Ils se sont tant aimés…”: À un peu plus de 100 millions de dollars, ce qui correspond au montant du patrimoine de Johnny et Laeticia Hallyday. Avant la mort de Johnny, Laeticia détenait déjà la moitié du patrimoine du couple. Elle était donc millionnaire.
Quand l’avocat de Laeticia n’a pas arrêté de dire qu’on l’ “asphyxiait financièrement”, j’ai commencé à chercher ce qu’elle possédait. Je savais qu’elle possédait la moitié des murs de L’Amnésia au Cap d’Agde, mais j’ignorais qu’elle possédait la moitié de toutes ses maisons, et la moitié de la société californienne Born Rocker Music, où arrivent tous les droits musicaux de Johnny. Ce qui représente un peu plus de 40 millions d’euros.

Vous écrivez que tout a basculé le 11 juillet 2014, lorsque Laeticia a pris le pouvoir sur le testament de Johnny Hallyday. Que s’est-il passé précisément ce jour-là?
Le 11 juillet 2014, c’est vraiment le big-bang. Laeticia et Johnny signent la constitution de trusts qui vont servir de coffre-fort pour leurs biens respectifs. Il s’agit de l’aboutissement de deux à trois ans de travail intensif pour remettre à niveau leur empire. Pour bien comprendre, tout a commencé fin 2009, quand Johnny manque de mourir à Los Angeles.
Économiquement, rien ne va plus pour le couple. Entre alors en piste l’avocat iranien Ardavan Amir-Aslani qui va remettre l’économie du couple à flots. Il négocie un contrat avec le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière, qui possède la moitié de la société du producteur de spectacles Gilbert Coullier. Ce dernier va avancer 12 millions d’euros au couple pour une nouvelle tournée.
Ensuite, Ardavan Amir-Aslani commence à mettre de l’ordre dans les sociétés de Johnny Hallyday, et va nommer Mamie Rock à la tête de toutes les PME de Johnny. Une fois que le couple a obtenu la Green Card en 2014, il va créer la société Born Rocker Music qui va absorber l’argent de tous les flux musicaux de Johnny directement aux Etats-Unis.
Quand on arrive en juillet 2014, les voyants sont au vert. Il a enlevé tout l’argent qu’il pouvait des sociétés françaises pour le mettre aux Etats-Unis. On parle quand même de 6 à 9 millions qui sont partis. La dernière chose à faire, c’est le testament signé par Johnny Hallyday qui déshérite totalement ses quatre enfants et dont la seule héritière est Laeticia.
