
Pendant le procès très attendu de Cédric Jubillar, un témoignage inattendu est venu capter l’attention de l’audience : celui d’un chauffeur de taxi affirmant avoir aperçu, au petit matin, la silhouette d’une personne sur une route du Tarn. Un élément troublant qui relance, une nouvelle fois, les interrogations autour de la disparition de Delphine Jubillar.
Cela fait désormais cinq ans que Delphine Jubillar s’est volatilisée. L’infirmière de 33 ans n’a plus donné signe de vie depuis la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Alors que le procès de son mari, Cédric Jubillar, accusé de « meurtre sur conjoint », s’est ouvert le 22 septembre 2025 devant la cour d’assises d’Albi, certains témoignages refont surface et sèment le doute. Pour beaucoup, l’espoir demeure : celui que le corps de la jeune femme puisse enfin être retrouvé, offrant à sa famille des réponses longtemps attendues.
Depuis l’ouverture des débats, l’audience a assisté au défilé de nombreux témoins et experts. Parmi eux, un ancien expert de la DGSI, dont certaines déclarations ont suscité l’hilarité tant de l’accusé que du public. Les enfants du couple Jubillar ont également été entendus, tout comme Cédric Jubillar lui-même. Pourtant, au milieu de ces interventions, un récit s’est particulièrement démarqué : celui d’un chauffeur de taxi qui affirme avoir vu quelque chose d’inhabituel sur la route reliant Cagnac-les-Mines à Gaillac.
Procès de Cédric Jubillar : le témoignage du chauffeur de taxi intrigue la cour
Dans leur stratégie, les avocats de la défense tentent d’ouvrir des pistes alternatives à l’implication directe de leur client dans la disparition de Delphine Jubillar. Après avoir évoqué le témoignage d’un automobiliste convaincu d’avoir aperçu un homme « courir » sur le chemin de Pignès, près de Cagnac-les-Mines, un autre témoignage a retenu toute l’attention des juges : celui d’Olivier L., chauffeur de taxi présent dans la zone au moment des faits.
À la barre, cet homme raconte que, à l’aube du 16 décembre 2020, alors qu’il circulait « en direction de Gaillac » dans une brume particulièrement dense, il aurait aperçu « une silhouette en doudoune beige » marchant sur le bas-côté droit de la route. Il précise qu’il s’agissait d’un « petit gabarit ». Pour autant, il se dit incapable de confirmer s’il s’agissait d’une femme ou d’un homme. Si ce témoignage intrigue aujourd’hui, les enquêteurs de l’époque l’avaient jugé trop imprécis pour en faire une piste prioritaire.
Delphine Jubillar : des hypothèses toujours au cœur des débats
Pour la défense de Cédric Jubillar, ce type de témoignage laisse planer le doute sur un éventuel départ volontaire de Delphine Jubillar. « Pourquoi ne pas avoir fouillé davantage ? », questionnent les avocats, suggérant que l’infirmière aurait pu sortir de son propre chef cette nuit-là, que ce soit pour promener les deux chiens du couple ou pour rejoindre un hypothétique rendez-vous nocturne. Une hypothèse que l’accusation rejette fermement, estimant qu’aucun élément concret ne vient l’étayer.
Face à ces critiques, la commandante Sophie L., figure clé de l’enquête, a tenu à défendre la rigueur du travail accompli. « Aucune piste n’a été écartée », a-t-elle affirmé avec fermeté, réfutant l’idée d’une enquête bâclée. Analyses ADN approfondies, vastes battues, recoupements minutieux, mobilisations d’experts : selon elle, tout a été mis en œuvre pour tenter de retrouver Delphine Jubillar.
À ce jour, malgré ce travail colossal, le mystère demeure entier. Cédric Jubillar continue de clamer son innocence et bénéficie, rappelons-le, de la présomption d’innocence. Le procès se poursuit, au rythme des témoignages et des confrontations, dans l’espoir que la vérité sur la disparition de Delphine Jubillar finisse, enfin, par émerger.