Retraite : combien de pension touche une personne qui a bénéficié du RSA toute sa vie ?

Le RSA, un soutien incontournable au quotidien… mais qu’en est-il à la retraite ?

En France, les aides sociales constituent un véritable filet de sécurité pour des millions de citoyens confrontés aux difficultés de la vie. Parmi elles, le Revenu de solidarité active (RSA) est sans doute l’une des plus connues et des plus sollicitées. Créé pour garantir un minimum de ressources aux personnes sans emploi ou disposant de faibles revenus, il joue un rôle essentiel dans la lutte contre la pauvreté et dans le maintien du pouvoir d’achat des foyers les plus fragiles. Cependant, si cette aide s’avère précieuse au quotidien, la question se pose avec acuité : que se passe-t-il lorsqu’un bénéficiaire du RSA arrive à l’âge de la retraite ?

Une aide vitale pour les foyers précaires

Le RSA permet à des millions de Français de faire face aux dépenses courantes, qu’il s’agisse du logement, de l’alimentation, des factures d’énergie ou encore de la santé. En complément, d’autres allocations viennent renforcer ce soutien : allocations familiales, Allocation aux adultes handicapés (AAH), Allocation de solidarité spécifique (ASS)… Ces dispositifs, cumulés dans certains cas, offrent une bouée de sauvetage aux foyers en difficulté. Pour certains bénéficiaires, ce soutien représente la seule possibilité de maintenir un niveau de vie décent en l’absence de revenus professionnels.

Cependant, cette dépendance aux minima sociaux a un revers. En effet, si le RSA soulage sur le court terme, il ne prépare pas toujours l’avenir, notamment la retraite. Et c’est là que les difficultés se font sentir.

RSA et retraite : une équation complexe

Comme le rappelle Merci pour l’info, le RSA peut être une arme à double tranchant. Si l’aide soulage immédiatement les finances des bénéficiaires, elle n’ouvre pas de droits à la retraite. Autrement dit, les périodes durant lesquelles une personne perçoit le RSA ne sont pas comptabilisées comme des trimestres cotisés dans le calcul de la pension. Résultat : à l’âge de la retraite, ces personnes se retrouvent avec une pension bien inférieure à la moyenne.

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Un rapport de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), publié en 2020, a mis en évidence cette dure réalité : les anciens bénéficiaires de minima sociaux touchent, en moyenne, une pension deux fois plus faible que celle des autres retraités. Cette situation s’explique par des parcours professionnels souvent marqués par la précarité, le chômage ou des emplois faiblement rémunérés.

Le calcul des droits à la retraite

Pour percevoir une pension de retraite complète, il faut avoir validé un certain nombre de trimestres de cotisation. Or, dans le cas des allocataires du RSA, les périodes sans emploi et sans cotisations viennent creuser des « trous » dans leur carrière. Contrairement à certaines prestations sociales qui valident des trimestres (comme les indemnités chômage ou les congés maternité), le RSA ne permet pas d’acquérir de droits supplémentaires pour la retraite.

Ainsi, une personne qui aurait perçu le RSA pendant une grande partie de sa vie active se retrouverait, au moment du départ à la retraite, avec très peu – voire aucun – trimestre validé. Par conséquent, elle ne pourrait prétendre à une pension de base. Cela entraîne une dépendance à d’autres dispositifs de solidarité, comme l’ASPA.