Budget de la Sécu : la prime de Noël bientôt supprimée pour les personnes sans enfants ?

En quête d’économies, le gouvernement envisage de revoir les conditions d’attribution de la prime de Noël, une aide précieuse pour de nombreux foyers modestes. Les ménages sans enfants pourraient bientôt en être exclus, selon les dernières annonces de Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités.

Chaque année, la prime de Noël permet à des millions de Français de boucler leurs fins de mois, notamment parmi les bénéficiaires du RSA ou les chômeurs en fin de droits. Mais pour 2026, le gouvernement souhaite désormais réserver cette aide aux foyers avec enfants. Interrogé ce mardi 4 novembre sur France Inter, Jean-Pierre Farandou a défendu cette mesure, expliquant qu’elle s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu : « Il faut comprendre l’état des comptes de la Sécurité sociale, ce qui justifie certaines décisions un peu agressives », a-t-il affirmé.

Le ministre s’est voulu alarmant sur la situation financière du système social français : « La Sécurité sociale est en train de diverger, c’est un bien commun. Si on n’a pas le courage de rétablir son équilibre, cela risque de déraper : à terme, nous ne pourrons plus financer les retraites ni assurer les remboursements. » Il a ajouté qu’il restait ouvert au débat parlementaire : « Je n’ai pas de problème à ce qu’on discute, mais il faut que toute alternative s’accompagne d’économies ou de nouvelles recettes. »

Une mesure qui toucherait 2,5 millions de ménages

En France, environ 2,5 millions de foyers perçoivent actuellement la prime de Noël, dont le montant varie selon la composition familiale : environ 150 euros pour une personne seule, 228 euros pour un couple sans enfant. Cette aide bénéficie aux allocataires du RSA, de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) et de l’allocation équivalent retraite (AER).

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Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit de consacrer 261,5 millions d’euros au financement de cette prime, contre 466,5 millions en 2025 — soit une réduction de près de 45 %. Une coupe budgétaire importante, justifiée selon le gouvernement par la nécessité de redresser les comptes sociaux.

Face aux critiques sur une mesure jugée injuste envers les plus précaires, Jean-Pierre Farandou a répondu : « Je ne suis pas sûr que notre pays ait encore les moyens de maintenir des politiques de générosité maximale. Il faut accepter un recentrage. » Et d’ajouter : « L’État français a été très généreux, et c’était une bonne chose. Mais aujourd’hui, il faut apprendre à être plus vigilant. »

Si cette réforme venait à être votée, elle marquerait un tournant majeur dans la politique sociale française, symbolisant la fin d’une ère de solidarité élargie au profit d’une aide plus ciblée vers les familles avec enfants.

Source : Capital (avec 6medias)