
Au 1er février, un changement majeur va toucher les factures d’électricité des particuliers en France. Officiellement, le tarif réglementé appliqué aux ménages va baisser de 14 %, une réduction qui pourrait laisser penser que tous les Français profiteront automatiquement d’une facture plus légère. Mais la réalité est beaucoup plus nuancée : tandis que certains verront effectivement leurs coûts diminuer, d’autres subiront une hausse significative due au relèvement de l’accise sur l’électricité et à l’évolution du TURPE, le Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité.
Une baisse annoncée… mais pas pour tout le monde
Sur le papier, l’annonce est positive : les particuliers bénéficiant d’une offre indexée sur le tarif réglementé verront leurs factures baisser dès le 1er février. Cette réduction de 14 % s’applique automatiquement, à condition que le contrat souscrit suive précisément ce tarif. Beaucoup de Français devraient donc, en théorie, souffler un peu après plusieurs années de tensions sur les prix de l’énergie.
Cependant, cette amélioration ne concerne qu’une partie des consommateurs. De nombreux ménages ont en réalité souscrit, parfois il y a longtemps, à des contrats à prix fixe ou à des offres basées sur les prix du marché de gros. Pour eux, la situation est très différente : selon les analyses de MoneyVox, leur facture augmentera.
Pourquoi cette hausse malgré la baisse officielle ?
Deux éléments principaux expliquent cette mauvaise surprise :
- Le retour de l’accise sur l’électricité (ex-TICFE) à son niveau normal
Pendant la crise énergétique, l’État avait drastiquement réduit cette taxe afin d’amortir la flambée des prix. Pour les particuliers, elle était passée de 32 € par MWh à seulement 1 € grâce au bouclier tarifaire.
Désormais, l’accise revient à son niveau d’avant-crise, soit 33,70 € par MWh, après une première remontée à 21 € en février 2024.
Cette seule évolution représente déjà une hausse notable dans la facture annuelle des ménages. - L’augmentation du TURPE (Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité)
Cette composante essentielle finance l’entretien et le développement des réseaux électriques.
À partir du 1er février, le TURPE devra augmenter de 7,7 %.
Comme ce tarif représente entre 20 % et 30 % du montant total de la facture, son impact peut être conséquent, même si les effets exacts resteront variables selon les contrats.
Des hausses potentielles de 140 à 160 € par an
Les estimations donnent une idée plus précise des conséquences.
Pour un foyer consommant 8 500 kWh par an, l’augmentation liée à l’accise seule atteindrait environ 108 € supplémentaires sur l’année.
À cela s’ajoute la hausse du TURPE, qui pourrait représenter entre 27 € et 40 € par an pour une consommation équivalente. Au total, certains ménages risquent donc de subir une augmentation comprise entre 140 € et 160 € par an, malgré l’annonce d’une baisse officielle des tarifs.
À quoi sert cette hausse du TURPE ?
Selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE), cette revalorisation est indispensable pour permettre aux gestionnaires des réseaux — Enedis notamment — d’assurer leurs missions dans de bonnes conditions : entretien du réseau, modernisation, investissements pour la transition énergétique, intégration des énergies renouvelables, etc.
Source : Capital (avec 6medias)