Malgré la vindicte Insoumise, l’annonce d’Emmanuel Macron concernant l’instauration d’un service militaire volontaire bénéficie d’une relative unanimité dans la classe politique.

Malgré la vive opposition de La France insoumise, l’annonce faite par Emmanuel Macron autour de l’instauration d’un service militaire volontaire suscite une adhésion relativement large au sein de la classe politique. Une mesure clivante dans le débat public, mais qui bénéficie d’un soutien majoritaire dans l’opinion.

Le 27 novembre, en officialisant son projet de service militaire volontaire, le président de la République a immédiatement provoqué la constitution d’un front d’opposants aux profils variés. À l’extrême gauche, la candidate trotskiste Nathalie Arthaud s’est élevée contre ce qu’elle considère comme une fuite en avant militariste. À l’autre bout de l’échiquier, l’avocat Gilbert Collard, proche d’Éric Zemmour, a également critiqué l’initiative.

Mais la contestation la plus structurée et la plus bruyante vient sans surprise de La France insoumise. Les élus du mouvement ont dénoncé ce qu’ils estiment être une dérive à la fois autoritaire et belliciste du chef de l’État. Le député Louis Boyard a ainsi fustigé un projet qu’il considère comme vide de toute ambition sociale : « Macron annonce un service militaire volontaire. Voilà quel aura été son seul projet pour la jeunesse. L’école ? L’emploi ? La précarité ? L’université ? Le climat ? Rien. Les budgets sont partis dans son service militaire, dans cette guerre dont les jeunes ne veulent pas. »

À droite, les critiques se veulent plus institutionnelles mais tout aussi sévères. Hervé Morin, président UDI de la région Normandie, pourtant ancien allié du chef de l’État dont il réclame désormais la démission, a dénoncé ce qu’il considère comme un simple coup de communication politique. Selon lui, l’expression même de « service militaire volontaire » relèverait d’une contradiction fondamentale :
« Faire du service national un acte de volontariat est un oxymore, une nouvelle illustration du “en même temps” macronien. Par nature, le service national ne peut être qu’obligatoire. »

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Cette levée de boucliers médiatique tend pourtant à masquer une réalité plus nuancée dans l’opinion. D’après un sondage réalisé par l’institut Odoxa, 79 % des Français se déclarent favorables au dispositif présenté par Emmanuel Macron. Un soutien massif qui traverse presque tous les courants politiques, avec des taux d’approbation dépassant les 80 % dans l’ensemble des électorats — à l’exception notable de celui de LFI.

Un instrument de cohésion nationale

Fait marquant, l’idée du retour d’une forme de service militaire séduit particulièrement les sympathisants du Rassemblement national, dont 82 % y sont favorables. Une position cohérente avec les propositions de Marine Le Pen, qui défendait déjà cette mesure lors de la présidentielle de 2022.

Le député RN Roger Chudeau assume ce soutien au nom du pragmatisme :« Honnêtement, c’est du bon sens. Aujourd’hui, l’armée de terre est squelettique, presque anecdotique. Elle tiendrait à peine dans le Stade de France. » Non sans ironie, il ajoute : « Ce sera probablement l’une des rares mesures du bilan d’Emmanuel Macron que nous conserverons si nous arrivons au pouvoir. »