Infarctus digestif : voici comment reconnaître les symptômes de cet infarctus de l’intestin

L’infarctus digestif, aussi appelé infarctus mésentérique ou ischémie mésentérique aiguë, constitue une urgence vitale absolue. Il survient lorsqu’un arrêt brutal de la circulation sanguine prive une partie de l’intestin d’oxygène. Longtemps confondu avec d’autres pathologies abdominales, il reste encore trop méconnu, alors même que la rapidité du diagnostic conditionne directement la survie du patient.

En France, cette affection touche environ 10 000 personnes chaque année, principalement des patients âgés de 65 à 70 ans, selon la Société Française de Médecine Vasculaire. Elle concerne majoritairement des personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaires tels que la fibrillation auriculaire, l’athérosclérose, le diabète ou l’hypertension. Bien qu’elle soit moins fréquente que l’infarctus du myocarde ou l’accident vasculaire cérébral, l’ischémie mésentérique aiguë demeure l’accident vasculaire le plus meurtrier. Chez le sujet âgé, elle représente même la première urgence abdominale, devant l’appendicite ou la pancréatite.

Ischémie digestive : de quoi parle-t-on exactement ?

L’infarctus mésentérique résulte le plus souvent de l’obstruction d’une artère digestive par un caillot sanguin (environ 80 % des cas), plus rarement d’une atteinte veineuse (20 %). Cette interruption de l’irrigation provoque une ischémie, qui peut rapidement évoluer vers une nécrose intestinale, c’est-à-dire la mort des tissus. Sans prise en charge rapide, les conséquences peuvent être dramatiques : décès, ou lourdes séquelles lorsqu’une large portion de l’intestin doit être retirée.

Chez près d’un tiers des patients, l’infarctus digestif constitue le premier signe révélateur d’une maladie vasculaire jusque-là ignorée : hypertension artérielle, hypercholestérolémie, diabète ou troubles du rythme cardiaque. Comme le souligne le Pr Olivier Corcos, gastro-entérologue à l’hôpital Beaujon : « L’infarctus digestif est moins fréquent que l’AVC ou l’infarctus du myocarde, mais c’est le plus mortel des accidents vasculaires ». Une gravité accentuée par un diagnostic encore trop tardif.

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Quelles sont les causes de l’infarctus intestinal ?

Les mécanismes sont comparables à ceux de l’infarctus du cœur ou de l’AVC. L’ischémie mésentérique peut être provoquée par une maladie athéromateuse, lorsque des plaques d’athérome obstruent progressivement les artères digestives. Elle peut aussi résulter d’une origine cardiaque, notamment lors de troubles du rythme, de séquelles d’infarctus du myocarde ou de maladies valvulaires, favorisant la migration d’un caillot vers l’intestin.

Suis-je exposé à un risque accru ?

Le risque d’infarctus digestif augmente en présence des mêmes facteurs que pour les grandes maladies cardiovasculaires : tabagisme, excès de cholestérol, diabète, hypertension artérielle, obésité, ou antécédents cardiaques tels qu’un infarctus du myocarde ou une arythmie. Ces éléments doivent alerter, en particulier chez les patients âgés.

Quels sont les signes à ne jamais ignorer ?

L’ischémie digestive peut se présenter sous deux formes distinctes.

La forme aiguë, correspondant à l’infarctus, se manifeste par une douleur abdominale brutale, intense et insupportable, souvent résistante aux antalgiques classiques et nécessitant de la morphine. Elle peut s’accompagner de vomissements, de diarrhées ou d’un malaise général. Malgré la violence des symptômes, le diagnostic reste encore trop rarement posé aux urgences.