Icône absolue du cinéma français, Brigitte Bardot s’est éteinte à l’âge de 91 ans, ce dimanche 28 décembre. Si son charme naturel et son aura magnétique ont marqué des générations entières, l’actrice n’a pourtant pas toujours eu confiance en elle, notamment à cause d’un trouble visuel qui a longtemps nourri ses complexes.
Une beauté mythique marquée par un handicap invisible
Le cinéma français perd l’une de ses légendes. Ce dimanche 28 décembre, Brigitte Bardot a rendu son dernier souffle, laissant derrière elle une œuvre et une image inoubliables. Sa moue boudeuse, son regard envoûtant et sa chevelure blonde devenue mythique ont fait chavirer le public du monde entier. Pourtant, derrière cette apparente assurance, la « reine de la Madrague » cachait une fragilité profonde.
Dès l’enfance, Brigitte Bardot a souffert d’amblyopie et ne voyait quasiment pas de l’œil gauche. Un handicap discret, mais déterminant dans sa manière d’être et de se mouvoir. « Sa merveilleuse maladresse, sa lenteur, sa gaucherie pleine de grâce vient de là », expliquait la journaliste Marie-Dominique Lelièvre dans Libération en janvier 2012. Cette fragilité physique a paradoxalement contribué à forger une part de son charme singulier.

Des complexes nourris dès l’enfance
Pour corriger ce trouble, Brigitte Bardot a dû porter de lourdes lunettes durant son enfance. Un détail qui n’a pas échappé à sa mère, Anne-Marie Mucel, connue pour ses jugements sévères. Cette dernière qualifiait souvent l’apparence de sa fille aînée d’« ingrate », des mots durs qui ont profondément marqué la future star.
Rabaissée et peu encouragée, Brigitte Bardot manquait cruellement de confiance en elle et se comparait sans cesse à sa sœur cadette, Mijanou Bardot. « Quand j’étais petite, je ne me sentais pas très belle, j’étais renfermée sur moi-même », confiait-elle dans Le Point en août 2020. Elle ajoutait sans détour : « Mijanou, ma sœur, était plus jolie que moi. Je n’étais pas bonne élève et mes parents n’étaient pas très fiers de moi. »
Pour dépasser ces blessures, celle qui fut l’épouse de Roger Vadim s’est tournée vers la danse classique. Une discipline exigeante qui lui a permis de canaliser ses doutes, de prendre conscience de son corps et, peu à peu, de s’affirmer. Ce travail acharné a posé les bases de celle qui allait devenir une véritable icône.
Mijanou Bardot, une sœur restée dans l’ombre
Si Brigitte Bardot a pris sa revanche sous les projecteurs, sa sœur Mijanou a, elle aussi, tenté l’aventure du cinéma. Après l’obtention de son baccalauréat, elle décroche un premier rôle dans Club de femmes de Ralph Habib en 1956. Sur le tournage, elle donne la réplique à Jean-Louis Trintignant, déjà croisé par Brigitte sur Et Dieu… créa la femme.

D’autres films suivront, comme Jusqu’au dernier de Pierre Billon, Une balle dans le canon de Michel Deville et Charles Gérard, ou encore Ramuntcho de Pierre Schoendoerffer. Malgré cette filmographie honorable, la timidité de Mijanou freinera son ascension.
Une vie loin des projecteurs, mais fidèle à ses valeurs
Au début des années 1960, Mijanou Bardot épouse le comédien Patrick Bauchau. Ensemble, ils ont une fille, Camille. Après avoir tourné La Collectionneuse de Éric Rohmer, Mijanou décide de mettre un terme à sa carrière d’actrice.
