Les sœurs Kessler, icônes du cabaret, choisissent une fin commune

Vedettes de cabaret adulées, figures glamour des scènes européennes et stars internationales au tournant des années 1960, Alice et Ellen Kessler se sont éteintes lundi 17 novembre 2025. Celles que la presse surnommait depuis des décennies « les plus belles jumelles du monde » ont fait le choix d’un suicide assisté, à l’âge de 89 ans.
Les deux sœurs avaient marqué toute une génération. Elles avaient partagé la scène avec Frank Sinatra, fasciné Elvis Presley, amusé Sacha Distel et fait vibrer le mythique Lido de Paris. Leur élégance, leur parfaite synchronisation et leur charisme avaient fait d’elles des artistes incontournables du music-hall.
Nées le 20 août 1936 dans l’est de l’Allemagne, les jumelles avaient connu une ascension fulgurante à partir de 1959, notamment après leur participation au 4ᵉ Concours Eurovision. Leur carrière internationale les avait menées sur les plus grandes scènes d’Europe et au-delà, symbolisant une époque dorée du cabaret et du spectacle vivant.

Un choix assumé, préparé de longue date
Un an avant leur disparition, Alice et Ellen Kessler avaient confié au quotidien allemand Bild leur souhait d’être « inhumées dans la même urne, aux côtés des cendres de leur mère adorée Elsa et de leur chien Yello ».
« C’est ce que nous avons stipulé dans nos testaments », expliquait alors Ellen Kessler, évoquant une décision mûrement réfléchie.
Les autorités ont confirmé que les deux sœurs avaient eu recours à un suicide assisté, une pratique encadrée en Allemagne par un cadre légal strict. La loi autorise l’aide médicale à mourir sous certaines conditions, notamment lorsque l’acte est accompli par la personne elle-même, afin de le distinguer de l’euthanasie active, qui demeure interdite.
La question de la fin de vie relancée en France

La disparition des sœurs Kessler ravive le débat sur la fin de vie, également très présent en France. Autre grande figure du cabaret, Line Renaud s’engage depuis plusieurs années pour le droit de mourir dans la dignité. Marraine de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, elle défend publiquement la liberté de choisir sa fin lorsque la souffrance devient insupportable.
En octobre 2024, invitée de 20h30 le dimanche sur France 2, face à Laurent Delahousse, elle confiait avec émotion :
« Lorsqu’on sait qu’il n’y a plus rien à faire et que ce ne seront que des mois de douleur, alors partir peut être une délivrance. »
Déjà auparavant, dans les colonnes de Ciné Télé Revue, l’artiste s’interrogeait :
« Mourir dans la dignité, ne serait-ce pas normal ? Si notre vie nous appartient, il devrait en être de même pour notre mort. Laisser les gens souffrir ainsi, c’est inhumain. »
Source
- Bild – Sie wollten nicht mehr leben, 17/11/2025
- France 2 – 20h30 le dimanche, 27/10/2024
