Dans une nouvelle étude scientifique, des chercheurs français mettent en lumière le rôle inattendu de certains aliments dans l’efficacité de traitements anticancéreux innovants. Une découverte prometteuse qui souligne, une fois de plus, l’importance de la nutrition dans la lutte contre le cancer.
En France, le cancer demeure la première cause de mortalité prématurée, devant les maladies cardiovasculaires, selon les données de la Fondation ARC. Chaque année, plus de 400 000 nouveaux cas sont diagnostiqués dans l’Hexagone. Face à ce constat alarmant, la recherche médicale explore sans relâche de nouvelles pistes thérapeutiques, parmi lesquelles figure l’immunothérapie, considérée comme l’un des grands tournants de l’oncologie moderne.
L’immunothérapie, une arme clé contre le cancer
Contrairement aux traitements classiques comme la chimiothérapie, l’immunothérapie ne s’attaque pas directement à la tumeur. Elle vise plutôt à stimuler le système immunitaire du patient, afin que celui-ci reconnaisse les cellules cancéreuses comme des intruses et les élimine plus efficacement. Cependant, tous les patients ne répondent pas de la même manière à ces traitements, ce qui pousse les chercheurs à identifier les facteurs susceptibles d’en améliorer l’efficacité.
C’est dans ce contexte que des scientifiques de l’Institut Curie et de l’Inserm ont mené une étude approfondie, publiée le 2 décembre 2025 dans la revue scientifique Nature Communications. Leur objectif : comprendre l’influence de certains éléments de l’alimentation sur la réponse aux traitements par immunothérapie.
Un nutriment clé au cœur de la découverte
Les chercheurs se sont intéressés à une molécule bien précise : l’indole-3-carbinol. Ce composé naturel est présent en grande quantité dans les légumes crucifères, une famille largement consommée en Europe.

On le retrouve notamment dans les choux, les brocolis, les choux-fleurs, les navets ou encore les radis. Dans le cadre de l’étude, les scientifiques ont comparé l’efficacité d’une immunothérapie chez des animaux suivant un régime riche en indole-3-carbinol à celle observée chez des animaux dont l’alimentation en était dépourvue.
Les résultats sont frappants : lorsque le traitement était associé à une alimentation contenant ce nutriment, 50 à 60 % des animaux répondaient positivement à l’immunothérapie, contre seulement 20 % chez ceux qui n’en consommaient pas. Une différence significative qui suggère que l’indole-3-carbinol joue un rôle déterminant dans l’efficacité du traitement.
« Ces résultats montrent que l’absence de ce composé présent dans les crucifères entraîne une chute drastique de l’efficacité de l’immunothérapie anti-PD1 », explique la Dre Élodie Segura, directrice de recherche à l’Inserm à l’Institut Curie.
Pourquoi l’alimentation influence-t-elle l’immunothérapie ?
Pour comprendre ce phénomène, les chercheurs se sont penchés sur les mécanismes biologiques à l’œuvre. Les cellules cancéreuses ont la capacité de désactiver certaines cellules immunitaires, notamment les lymphocytes T cytotoxiques, empêchant ainsi l’organisme de les attaquer.
L’immunothérapie anti-PD1 agit précisément en réactivant ces lymphocytes, leur permettant de reconnaître et de détruire les cellules tumorales. Or, selon l’étude, sans indole-3-carbinol dans l’alimentation, ces cellules immunitaires ne parviennent pas à retrouver pleinement leurs fonctions, rendant le traitement beaucoup moins efficace.
