
Le « no bra » séduit de plus en plus de Françaises, surtout chez les jeunes générations
Longtemps considéré comme une simple tendance marginale, le « no bra », qui consiste à ne plus porter de soutien-gorge au quotidien, s’est progressivement imposé comme un véritable choix de vie pour certaines femmes. Popularisée durant le premier confinement, cette pratique continue aujourd’hui de séduire, en particulier les jeunes Françaises, même si son adoption a légèrement reculé depuis son pic.
À première vue, il pourrait s’agir d’un simple effet de mode. Pourtant, pour de nombreuses femmes, le no bra va bien au-delà : il s’inscrit dans une démarche personnelle mêlant confort, acceptation du corps et rejet de certaines normes esthétiques longtemps imposées.
Une pratique encore minoritaire, mais en nette progression
Selon une étude menée par l’Ifop pour la plateforme XloveCam, les Françaises — et plus particulièrement les moins de 25 ans — sont de plus en plus nombreuses à délaisser le soutien-gorge.
Ainsi, 13 % des jeunes femmes de moins de 25 ans déclarent ne plus en porter du tout en France.

Tous âges confondus, la pratique reste cependant marginale : seules 6 % des Françaises affirment ne jamais porter de soutien-gorge au quotidien en juin 2022. Un chiffre encore modeste, mais qui marque une progression notable puisqu’il n’était que de 3 % en février 2020, avant la crise sanitaire.
La France, championne européenne du « no bra »
À l’échelle européenne, la France se distingue clairement. Elle devient le pays où l’on compte le plus de femmes adultes ne portant pas de soutien-gorge, avec 6 %, contre 4 % en moyenne dans les autres pays étudiés.
L’écart est encore plus frappant chez les jeunes femmes de moins de 25 ans :
- France : 13 %
- Espagne : 3 %
- Italie : 2 %
- Allemagne : 1 %
- Royaume-Uni : 1 %
Ces chiffres confirment une spécificité française dans le rapport au corps, à la liberté vestimentaire et aux normes sociales.
Le confinement, déclencheur d’un changement durable
La montée en puissance du no bra en France coïncide largement avec le premier confinement. L’isolement, le télétravail et la réduction des contraintes sociales ont permis à de nombreuses femmes de remettre en question certaines habitudes vestimentaires. À cette période, la proportion de jeunes Françaises de moins de 25 ans ne portant pas de soutien-gorge avait même atteint 20 %.

Pour François Kraus, directeur du pôle Actualité de l’Ifop, cette tendance s’explique par plusieurs facteurs combinés :
- l’influence du mouvement body positive,
- une quête accrue de confort,
- et un sentiment de libération du corps, loin des injonctions esthétiques traditionnelles.
Plus qu’un simple rejet du soutien-gorge, le no bra apparaît ainsi comme le reflet d’une évolution plus large des mentalités, où le bien-être personnel et l’acceptation de soi prennent le pas sur les conventions.
Étude Ifop pour XloveCam réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 21 au 27 juin 2022 auprès d’un échantillon de 5 039 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus en Italie, Espagne, France, Allemagne et Royaume-Uni.