Gisèle Pélicot était l’invitée de l’émission 20h30 Le Dimanche sur 20h30 Le Dimanche le 15 février 2026. À l’occasion de la sortie de son livre, elle est revenue avec émotion sur son long chemin de reconstruction après l’affaire de Mazan, qui a bouleversé sa vie et profondément marqué l’opinion publique.
Plus d’un an s’est écoulé depuis la fin du procès dit des viols de Mazan. Une affaire d’une ampleur exceptionnelle : 51 hommes ont été condamnés pour avoir agressé Gisèle Pélicot, droguée à son insu et livrée pendant des années à des inconnus par son propre mari, Dominique Pélicot. Un seul accusé avait fait appel avant d’être de nouveau condamné en octobre 2025.
Au-delà des lourdes peines prononcées, ce procès a mis en lumière la question de la soumission chimique et des violences sexuelles systémiques. Il a aussi révélé le courage hors du commun de Gisèle Pélicot, qui a accepté un procès public et a affronté les images de ses propres agressions pour que la vérité éclate.
Un livre pour renaître
Le 17 février 2026 paraît son ouvrage, Et la joie de vivre (Flammarion). Un titre qui peut surprendre au regard de l’horreur des faits, mais qui symbolise avant tout une renaissance. Ce livre n’est pas seulement le récit d’un procès hors norme : c’est le témoignage d’une femme qui refuse de se laisser définir par la violence qu’elle a subie.
Face à Laurent Delahousse sur France 2, Gisèle Pélicot est apparue apaisée, posée, déterminée.
« On ne peut pas oublier. J’essaie de cicatriser », a confié la femme de 73 ans. Elle a également affirmé qu’il lui était impossible de pardonner ce qui s’est passé. Pourtant, elle insiste : « Je ne suis ni dans la haine, ni dans la colère. »
Une posture qui force le respect. Refuser la haine sans nier la gravité des actes. Avancer sans effacer le passé.
Croire encore à l’amour
L’un des moments les plus marquants de l’entretien fut sans doute lorsqu’elle a évoqué sa nouvelle vie sentimentale. Malgré la trahison et les violences subies, Gisèle Pélicot refuse d’assimiler tous les hommes à ses agresseurs.
« Je pense qu’on est fait pour vivre ensemble. Il ne faut pas tout mélanger. »
Elle reconnaît toutefois qu’un immense travail d’éducation reste à accomplir dans la société, notamment sur le consentement et la soumission chimique.
Interrogée sur l’amour, sa réponse a surpris par sa lumière :
« Je n’ai jamais renoncé. J’ai eu la chance de rencontrer quelqu’un de merveilleux, qui lui aussi a traversé des épreuves. »
Avec un sourire, elle a ajouté :
« On est comme deux adolescents aujourd’hui. Je trouve que c’est magnifique de continuer d’aimer. »
À 73 ans, elle parle d’un nouveau départ. D’une renaissance inattendue.
Une reconstruction encore en cours
« J’ai redémarré à zéro. Je vis à 100 à l’heure. J’ai la chance d’être en bonne santé. Je renais de mes cendres et je suis une femme heureuse, sereine et apaisée. »
Ces mots traduisent une force impressionnante. Pourtant, le chemin n’est pas totalement achevé. Gisèle Pélicot a expliqué qu’elle envisageait de rendre visite à Dominique Pélicot en prison. Durant le procès, leurs échanges ont été quasi inexistants, limités au cadre judiciaire.
