
Invitée dans l’émission Le Grand Jury sur RTL ce dimanche 24 mai, la députée de La France insoumise Mathilde Panot a pris position de manière très ferme concernant la tournée de Patrick Bruel. Selon elle, le chanteur, visé par plusieurs accusations d’agressions sexuelles et de viols, devrait annuler l’ensemble de ses concerts prévus dans les prochains mois.
L’affaire Patrick Bruel continue de provoquer de nombreuses réactions, aussi bien dans le monde médiatique que politique. Depuis plusieurs semaines, une trentaine de femmes, dont l’animatrice Flavie Flament, ont pris la parole pour dénoncer des faits présumés d’agressions sexuelles et de viols visant l’artiste. Une situation qui divise profondément l’opinion publique et soulève une question sensible : Patrick Bruel doit-il maintenir sa tournée ?
Alors que le chanteur doit se produire dans plus de quarante villes en France ainsi qu’en Belgique, Mathilde Panot estime que les organisateurs doivent prendre leurs responsabilités. « C’est au programmateur de prendre cette responsabilité », a-t-elle déclaré au micro de RTL, jugeant qu’il serait préférable d’annuler les concerts dans le contexte actuel.
Pour la députée de 37 ans, cette décision serait avant tout une mesure de protection envers les femmes susceptibles de travailler sur la tournée ou d’assister aux spectacles. « Il y a un risque notamment pour les travailleuses qui seraient sur cette tournée, mais aussi pour les fans qui s’y rendraient », a-t-elle affirmé.
Mathilde Panot a également apporté son soutien aux salariées qui souhaiteraient exercer leur droit de retrait si les concerts venaient à être maintenus. « Il faut les protéger », a insisté la femme politique, évoquant les personnes qui pourraient, selon elle, être exposées à des comportements violents ou inappropriés.
Durant cet entretien, la députée LFI a aussi salué le courage des femmes ayant accepté de témoigner publiquement dans cette affaire. Elle a rappelé que Patrick Bruel bénéficie de la présomption d’innocence, tout en soulignant qu’il existe également, selon elle, une « présomption de crédibilité de la parole des femmes », notamment lorsque les témoignages sont nombreux et décrivent des faits particulièrement graves.
Mathilde Panot a évoqué des récits qu’elle qualifie de « glaçants », mentionnant des accusations de viols, de violences sexuelles et d’attouchements sur mineur. Pour elle, cette affaire reflète un problème plus large au sein de la société française.
La députée a également regretté ce qu’elle considère comme un système de protection lié à la célébrité. Selon elle, les organisateurs de spectacles et les compagnies d’assurance devraient intégrer davantage de mesures concernant les violences sexistes et sexuelles lorsqu’il s’agit d’événements publics.
« C’est symptomatique de la manière dont il y a, à la fois, une culture du viol dans ce pays et une forme d’impunité liée à la notoriété », a-t-elle conclu lors de son passage sur RTL.