
À 80 ans, Alain Souchon continue de briller comme l’une des figures majeures de la chanson française. Né Alain Kienast le 27 mai 1944 à Casablanca, au Maroc, il a su imposer son style unique, fait d’une poésie douce-amère et d’une simplicité désarmante. Alors que beaucoup de ses contemporains choisissent de s’effacer de la scène médiatique, Alain Souchon, lui, continue d’occuper une place importante dans le cœur du public, tant par ses chansons que par ses engagements.
Une enfance marquée par le drame
Le parcours de vie d’Alain Souchon est à la fois inspirant et ponctué de moments difficiles. Dès son enfance, il est confronté à des événements marquants. En 1951, alors qu’il n’a que 7 ans, il retrouve son père biologique, Pierre Souchon, avec qui sa mère se remarie. Ce dernier devient pour lui une figure paternelle déterminante. Mais cette période heureuse est brusquement interrompue par un drame : en 1958, son père décède tragiquement dans un accident de voiture.
Cet événement bouleversant influence profondément le jeune Alain et marquera une partie de ses créations futures, souvent empreintes de mélancolie. Envoyé en Angleterre au début des années 60 pour poursuivre sa scolarité, il ne s’épanouit pas dans le cadre scolaire et préfère vivre de petits boulots. Il retourne en France avec un rêve en tête : devenir chanteur.
Le tournant décisif avec Laurent Voulzy
Malgré des débuts difficiles dans la chanson, Alain Souchon persévère. Après avoir sorti trois 45 tours en 1972, qui passent relativement inaperçus, sa carrière prend un tournant majeur en 1974 grâce à une rencontre déterminante : Laurent Voulzy. Le jeune artiste, alors à la même maison de disques, devient un collaborateur essentiel et un ami proche d’Alain Souchon.
Ensemble, ils créent des morceaux qui resteront dans les annales de la chanson française, à commencer par le premier album d’Alain, J’ai dix ans, qui connaît un grand succès. Au fil des années, Souchon enchaîne les albums à succès : Bidon, Jamais content, et Toto 30 ans, rien que du malheur…. Il se produit pour la première fois à l’Olympia en 1979, confirmant son statut de star montante.
Des succès ininterrompus et des Victoires de la musique
Dans les années 80 et 90, Souchon continue de séduire le public avec des albums marquants comme Ultra moderne solitude en 1988 ou C’est déjà ça en 1993, porté par le tube intemporel Foule sentimentale. Sa plume se fait plus sombre, plus introspective, mais toujours empreinte de cette tendresse et de ce regard singulier sur la société.
À partir de 1991, ses œuvres commencent à être saluées par les Victoires de la musique, avec notamment une récompense pour Nickel, un album live. Cette reconnaissance du milieu musical accompagne une carrière en constante évolution, où Souchon parvient à renouveler son style tout en restant fidèle à lui-même.
Le retour en duo et les albums familiaux
Après une longue carrière solo, Alain Souchon retrouve en 2014 son complice de toujours, Laurent Voulzy, pour un album en duo. Le succès est une nouvelle fois au rendez-vous. Mais Alain ne s’arrête pas là. En 2019, il revient avec un album solo intitulé Âme fifties, porté par le titre Presque, co-écrit avec l’acteur et ami Édouard Baer, et composé par ses fils Charles et Pierre Souchon. Ce retour sur le devant de la scène lui vaut de remporter le trophée de l’Album de l’année aux Victoires de la musique en 2020.
Aujourd’hui, c’est entouré de sa famille qu’il continue d’écrire sa légende. Ses fils, Pierre et Charles (qui se produit sous le nom d’Ours), l’accompagnent sur scène lors de la tournée événement de 2024. Ensemble, ils revisitent le répertoire d’Alain dans une version plus intime, pour le plus grand bonheur des fans.
La même année, le chanteur publie un livre autobiographique intitulé Alain Souchon : La vie, c’est du théâtre et des souvenirs, où il se confie sur sa carrière, ses amitiés et ses moments de vie marquants. Cet ouvrage vient couronner une carrière exceptionnelle, témoignant de son amour pour les mots et les récits personnels.