
Avez-vous déjà entendu parler de l’AVC de l’œil ? Bien moins connu que l’accident vasculaire cérébral classique, il représente pourtant une urgence médicale absolue. Chaque année, en France, environ une personne sur 10 000 est victime de ce trouble grave, souvent soudain et silencieux, qui peut plonger un individu dans l’obscurité totale en seulement quelques minutes.
Malgré sa gravité, cette pathologie demeure encore méconnue du grand public. Pourtant, comme le rappellent plusieurs spécialistes interrogés par Ça m’intéresse, l’AVC oculaire doit être pris aussi sérieusement qu’un infarctus ou un AVC cérébral, car il peut signaler un problème cardiovasculaire majeur et mettre en jeu non seulement la vision, mais aussi la santé générale du patient.
Qu’est-ce qu’un AVC de l’œil ?
L’AVC de l’œil, ou occlusion de l’artère centrale de la rétine (OACR), se produit lorsqu’un caillot sanguin vient bloquer brutalement la circulation entre l’œil et le cerveau. Privée d’oxygène et de nutriments, la rétine – tissu hautement sensible – ne peut survivre que quelques minutes avant que ses cellules commencent à mourir.
C’est pourquoi les spécialistes parlent d’un véritable infarctus oculaire. L’accident touche en majorité les personnes de plus de 50 ans, avec un risque accru après 65 ans, mais il peut également concerner des patients plus jeunes ayant des antécédents cardiovasculaires ou des troubles de la coagulation.
L’AVC de l’œil n’est pas seulement une atteinte visuelle : il agit souvent comme un signal d’alerte. Il révèle une fragilité des artères et peut annoncer la survenue future d’un AVC cérébral ou d’un infarctus du myocarde.
Les symptômes à ne jamais ignorer
Contrairement à d’autres pathologies oculaires, l’AVC de l’œil est indolore : il ne provoque ni douleur ni rougeur. C’est ce caractère trompeur qui retarde parfois la prise en charge.

Les signes les plus fréquents sont :
- Une perte de vision brutale et soudaine sur un seul œil, pouvant être totale ou partielle.
- Une vision floue ou un rétrécissement du champ visuel.
- Des images déformées ou un voile noir qui obscurcit la vue.
- Une pupille dilatée qui ne réagit plus correctement à la lumière (abolition du réflexe photomoteur direct).
Ces symptômes surviennent généralement en quelques minutes. Dans certains cas, la vision peut s’améliorer légèrement, mais cela ne signifie pas que le danger est écarté. Chaque seconde compte : une perte visuelle brutale doit être considérée comme une urgence absolue.
Seul un examen du fond d’œil, réalisé en urgence par un ophtalmologue, permet de confirmer le diagnostic.
Les causes et facteurs de risque
Les causes de l’AVC de l’œil sont proches de celles d’un AVC cérébral. On retrouve notamment :
- L’hypertension artérielle (premier facteur de risque)
- Le diabète mal contrôlé
- Le cholestérol élevé, qui favorise les dépôts graisseux dans les artères
- Le tabagisme, qui accélère l’athérosclérose
- Les troubles du rythme cardiaque (comme la fibrillation auriculaire)
- Les anomalies de la coagulation sanguine
- Des atteintes des artères carotides ou de l’artère ophtalmique
Ces facteurs, souvent liés à l’âge ou au mode de vie, montrent bien que l’AVC de l’œil est avant tout une pathologie cardiovasculaire, qui nécessite un bilan médical complet pour identifier son origine et éviter une récidive.