Bientôt la fin des privilèges dorés des anciens Présidents et Premiers ministres ?

Fin des privilèges pour les anciens présidents et Premiers ministres : le Sénat dit oui

Les sénateurs ont adopté, mercredi 22 janvier 2025, un amendement au budget 2025 qui vise à supprimer les avantages accordés jusqu’ici aux anciens présidents de la République et Premiers ministres. Une mesure portée par la sénatrice centriste Nathalie Goulet, qui estime qu’elle permettra à l’État d’économiser près de 2,8 millions d’euros par an.

Une décision symbolique et économique

« Fin des avantages des présidents et anciens Premiers ministres, c’est voté et hop hop hop des économies », a écrit Nathalie Goulet sur X (ex-Twitter) après l’adoption de son amendement. Pour la sénatrice de l’Orne, cette suppression s’imposait depuis longtemps :

« Il n’y a aucune raison de maintenir les moyens de la République à des citoyens qui ne la servent plus, au seul motif qu’ils l’ont servie. »

Le texte rappelle en effet que ces anciens responsables publics bénéficient déjà de multiples pensions liées à leurs mandats successifs – qu’ils soient parlementaires, ministres ou élus locaux. Avec humour, Nathalie Goulet a lancé pendant la séance :

« J’ai vérifié, personne n’est aux Restos du cœur. »

Des économies estimées à 2,8 millions d’euros

Selon les chiffres avancés, la suppression de ces avantages permettrait à l’État de réduire ses dépenses de 2,8 millions d’euros par an. En 2023, les frais liés aux anciens chefs de gouvernement s’élevaient à 1,42 million d’euros, soit une hausse de 11 % par rapport à 2022. Ces données figurent dans un rapport publié en novembre 2024 par la députée Marie-Christine Dalloz (Droite républicaine) dans le cadre du projet de loi de finances 2025.

Des privilèges coûteux et parfois jugés obsolètes

Jusqu’à présent, les anciens Premiers ministres bénéficiaient de plusieurs avantages :

  • un secrétaire particulier pendant dix ans (ou jusqu’à 67 ans) ;
  • un véhicule avec chauffeur sans limitation de durée ;
  • et une protection policière assurée par le Service de la protection de la police nationale (SDLP).

Les anciens présidents de la République, quant à eux, disposaient d’un dispositif encore plus complet :

La suite après cette publicité
  • un cabinet de sept collaborateurs et deux agents de service durant les cinq premières années ;
  • puis un personnel réduit à trois collaborateurs et un agent de service ensuite ;
  • un logement de fonction meublé et équipé ;
  • et un véhicule avec chauffeur pris en charge par l’État.
📚 À lire aussi :  Contrôle technique : à partir du 1er janvier 2026, les automobilistes vont devoir faire très attention avec l’arrivée de cette nouvelle procédure

Ces moyens, hérités d’une époque où les anciens dirigeants restaient très présents dans la vie publique, sont aujourd’hui jugés disproportionnés et coûteux par de nombreux parlementaires.

Un désaccord persistant avec le gouvernement

Malgré ce vote au Sénat, le gouvernement s’oppose à la suppression totale de ces privilèges. Pour Patrick Mignola, ministre chargé des Relations avec le Parlement, ces dispositifs restent justifiés :

« Dans un monde aussi dangereux que le nôtre, il faut garantir la sécurité d’anciennes personnalités exposées à des risques d’agression ou d’espionnage. »

Le gouvernement plaide donc pour une révision partielle, plutôt qu’une suppression pure et simple, notamment concernant la protection policière et les déplacements officiels.

Un débat sur la sobriété de l’État

Cette mesure intervient dans un contexte de tensions budgétaires et de volonté affichée de réduire les dépenses publiques. L’ancien Premier ministre Michel Barnier s’était d’ailleurs prononcé en faveur d’un « train de vie de l’État plus sobre et plus simple ». En novembre 2024, sur le plateau du 20 heures de TF1, il avait déclaré :

« Ces efforts ne sont pas seulement symboliques, ils sont nécessaires pour restaurer la confiance des citoyens. »

Une réforme à portée politique

Au-delà de l’économie réalisée, cette décision revêt une forte portée politique et morale. Elle s’inscrit dans la lignée d’une attente grandissante des Français : celle d’un État exemplaire, qui exige des efforts équitables de tous, y compris de ceux qui l’ont dirigé.

Pour Nathalie Goulet, la suppression de ces avantages est « une question de cohérence et de respect de l’argent public ». Reste désormais à savoir si le gouvernement suivra la position du Sénat ou si le texte sera édulcoré lors des prochaines étapes parlementaires.

Related Posts

Orages : 48 départements restent placés en vigilance jaune pour cette journée de jeudi

Des averses soutenues, des rafales de vent et une activité électrique sont attendues dans plusieurs régions au cours de la journée. Météo-France place 48 départements en vigilance jaune face au…

Read more

Incendies en France : après la Gironde, Météo-France place plusieurs départements sous haute surveillance

Alors que les flammes restent actives dans le Sud-Ouest, le renforcement du mistral et de la tramontane fait grimper le risque de nouveaux départs de feu dans plusieurs secteurs du…

Read more

Incendies en France : une nouvelle ville ravagée par les flammes, la situation inquiète

L’incendie qui touche Biscarrosse, dans les Landes, demeure sous haute surveillance. Alors que les pompiers luttent contre les flammes depuis plus de 65 heures, la situation montre quelques signes d’amélioration….

Read more

Orages en France : voici les départements placés en vigilance ce dimanche

Après les violents épisodes orageux de samedi, la situation météorologique évolue progressivement ce dimanche 26 juillet. Toutefois, le risque ne disparaît pas complètement. Météo-France maintient ainsi plusieurs départements en vigilance…

Read more

Orages : 13 départements restent placés en vigilance jaune pour ce dimanche

Après les violents orages qui ont touché plusieurs régions samedi, la météo reste instable ce dimanche 26 juillet. Des averses orageuses, des rafales de vent et des pluies parfois soutenues…

Read more

Attention aux radars : ces trois nouvelles infractions seront bientôt dans leur viseur

Grâce à l’intelligence artificielle, une nouvelle génération de radars s’apprête à transformer les contrôles routiers. À partir de 2026, ces équipements seront capables de détecter plusieurs comportements dangereux en quelques…

Read more