
Ce dimanche 28 décembre, Brigitte Bardot s’est éteinte à l’âge de 91 ans. Icône absolue du cinéma français, autrice de plusieurs ouvrages et figure emblématique de la cause animale, elle laisse derrière elle une œuvre, un combat… et une question que beaucoup se posent : à qui revient sa fortune ?
Figure majeure du septième art, muse des plus grands réalisateurs, égérie de créateurs de mode et symbole de l’émancipation féminine, Brigitte Bardot a marqué son époque comme peu d’artistes avant elle. Mais au fil des années, l’ancienne actrice avait tourné le dos aux projecteurs pour se consacrer entièrement à la défense des animaux.
« J’ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes, maintenant je donne ma sagesse et mon expérience aux animaux », répétait-elle souvent, résumant ainsi le virage radical de sa vie.

Une fortune transmise à une cause, pas à une famille
Au moment de rédiger son testament, celle qui partageait la vie de Bernard d’Ormale a fait un choix sans ambiguïté : l’intégralité de sa fortune reviendra à la Fondation Brigitte Bardot.
Biens immobiliers, droits d’auteur de ses livres, propriétés emblématiques… tout a été transmis de son vivant à Fondation Brigitte Bardot, créée en 1986 à La Madrague.

De sa maison de campagne de Bazoches à la mythique La Madrague, dont elle n’avait conservé que l’usufruit, Brigitte Bardot avait soigneusement organisé la transmission de son patrimoine au service de la cause animale.
Un héritage qui aurait pu revenir à son fils unique, Nicolas Charrier, né de son union avec l’acteur Jacques Charrier, mais qu’elle a volontairement écarté.

Des confidences bouleversantes sur une maternité douloureuse
La relation entre Brigitte Bardot et son fils a longtemps été marquée par une profonde souffrance. Dans plusieurs interviews et ouvrages, l’actrice n’a jamais caché combien cette maternité avait été vécue comme une épreuve.
Lors d’un entretien accordé à Paris Match en 2018, elle confiait :
« J’avais 25 ans quand Nicolas est né. J’étais mal dans ma peau, épuisée par les tournages, harcelée par la presse. Ce n’était sûrement pas le moment d’avoir un enfant. »
Dans son autobiographie Initiales B.B (Grasset), elle allait encore plus loin, livrant des propos qui avaient profondément choqué l’opinion publique. Des déclarations qui avaient valu à l’actrice une condamnation, l’obligeant à verser 100 000 francs à son fils pour atteinte à la vie privée.
Un apaisement tardif mais réel
Avec le temps, pourtant, les blessures se sont partiellement refermées. Brigitte Bardot reconnaissait que leur relation s’était apaisée au fil des années.
« Nicolas, qui vit en Norvège, vient me voir tous les ans. J’ai aussi deux petites-filles et deux arrière-petits-enfants », confiait-elle, plus sereine, à Paris Match.
Au-delà des polémiques et des douleurs intimes, l’amie de Alain Delon espérait surtout que l’on se souvienne d’elle comme d’une femme ayant contribué à changer le regard porté sur le vivant. Elle revendiquait avoir levé « le tabou de l’humanité animale et de l’animalité humaine », plaidant pour « un avenir commun » à tous les êtres sensibles.
Dans son dernier ouvrage, Larmes de combat, publié chez Plon en 2018, Brigitte Bardot écrivait ces mots, aujourd’hui chargés d’émotion :
« Mon passage sur Terre n’aura donc pas été vain. Et mon âme sera enfin en paix. »
Une phrase qui résonne désormais comme un ultime testament, à l’image d’une femme libre jusqu’à son dernier souffle.