
Le procès de dix personnes accusées d’avoir diffusé une rumeur transphobe visant Brigitte Macron s’est ouvert à Paris le lundi 27 octobre. Le lendemain, sa fille cadette, Tiphaine Auzière, est venue témoigner à la barre. Très émue, elle a décrit une mère profondément marquée par quatre années de harcèlement, au point d’en ressentir les effets sur sa santé.
Une rumeur destructrice devenue une campagne de haine
Depuis 2021, une rumeur infondée prétend que Brigitte Macron serait une femme transgenre portant à la naissance le prénom « Jean-Michel Trogneux ». Ce mensonge, né sur les réseaux sociaux et amplifié par des influenceurs d’extrême droite et complotistes, a donné lieu à une campagne de cyberharcèlement d’une rare violence contre la Première dame. Ce lundi 27 octobre, dix personnes ont comparu devant le tribunal correctionnel de Paris pour « cyberharcèlement sexiste » en lien avec ces faits.
Absente du procès, Brigitte Macron a fait lire un message par son avocat. En revanche, sa fille Tiphaine Auzière, avocate et écrivaine, a souhaité s’exprimer en personne le mardi 28 octobre pour défendre sa mère et témoigner de la gravité du préjudice subi par leur famille.
Le témoignage bouleversant de Tiphaine Auzière
Face au tribunal, Tiphaine Auzière a expliqué combien ces rumeurs ont affecté la santé et le quotidien de Brigitte Macron. « C’était important d’être là aujourd’hui pour exprimer le préjudice. Je tenais à faire état de ce qu’est sa vie depuis qu’elle subit cette haine », a-t-elle déclaré, évoquant une nette dégradation de l’état de santé de sa mère. Elle a souligné que ce « tourbillon de haine » a eu des conséquences directes sur son équilibre physique et psychologique.

Selon Ouest-France, l’émotion était palpable lorsque Tiphaine Auzière a décrit la peur et la fatigue permanentes de sa mère, épuisée par la persistance des attaques. « Les messages récents ajoutent au sentiment que cela ne s’arrête jamais », a-t-elle expliqué, précisant que Brigitte Macron « se réserve la possibilité d’engager de nouvelles procédures » contre les auteurs de publications haineuses.
Une Première dame sous tension permanente
La fille du couple présidentiel a dressé le portrait d’une femme en alerte constante : « Elle n’est plus sereine dans les activités de sa vie quotidienne. Chaque sortie publique devient une épreuve. » Brigitte Macron vivrait désormais avec la crainte d’être moquée ou déformée sur Internet, au point de surveiller sa posture, sa tenue, ou même son attitude en public.
Lors de son audition à l’Élysée en décembre 2024, la Première dame avait déjà confié : « Je n’ai pas effectué un séjour à l’étranger sans qu’on m’en parle. Il n’y a pas un conjoint de chef d’État qui ne soit pas au courant. » D’après sa fille, cette attention médiatique permanente s’est transformée en véritable anxiété quotidienne, alimentée par la peur de voir ses proches, notamment ses petits-enfants, pris pour cibles à leur tour.
Une mère profondément blessée
Tiphaine Auzière a insisté : « C’est quelque chose qui l’affecte énormément. Je ne souhaite à personne de vivre ce qu’elle vit. » En réponse à un avocat de la défense qui prétendait que Brigitte Macron ne lisait pas les tweets haineux, elle a affirmé le contraire : « Elle les a lus, ça lui a fait énormément de peine, elle ne veut plus les revoir. »
Ce procès, très attendu, marque une étape importante dans la lutte contre le cyberharcèlement et les campagnes de désinformation. Il met en lumière les ravages humains que peuvent provoquer les rumeurs lorsqu’elles se transforment en instruments de haine publique.