Dans le documentaire Bruce Willis, les secrets d’une icône, diffusé en prime time sur la chaîne W9 le 25 février, de nouvelles confidences bouleversantes sont venues éclairer les dernières années de carrière de Bruce Willis, aujourd’hui atteint de démence. À travers le témoignage de l’un de ses derniers collaborateurs, le réalisateur Mike Burns, le documentaire revient avec émotion sur une dégradation progressive de son état de santé, longtemps restée discrète.
Selon Mike Burns, les premiers signes inquiétants remonteraient à 2013, lors du tournage du film The Prince. À cette époque déjà, l’acteur rencontrait des difficultés à mémoriser ses répliques. Le réalisateur se souvient d’une scène marquante : d’immenses panneaux contenant les dialogues étaient placés devant la star pour l’aider à suivre le script. Intrigué, il avait interrogé un producteur, qui lui aurait confié que, malgré son immense talent, Bruce Willis improvisait parfois des phrases qui n’avaient rien à voir avec le scénario initial. Un détail qui, avec le recul, prenait une tout autre signification.
Les années passant, la situation n’a fait qu’empirer. Lors du tournage du film Hors de la mort, Mike Burns constate une nette aggravation. La production lui demande alors de réduire considérablement les dialogues, notamment les monologues de l’acteur, afin de faciliter son travail et masquer ses difficultés. Mais sur le plateau, les complications s’enchaînent. Dans une scène clé, Bruce Willis devait simplement tenir une arme pointée, mais il oubliait systématiquement ce geste dès que la caméra tournait. Après plusieurs prises infructueuses, l’équipe, pressée par le temps, a dû improviser : le réalisateur lui-même a fini par guider physiquement l’acteur pour finaliser la scène.
Malgré ces difficultés évidentes, Bruce Willis a continué à tourner. Mike Burns pensait pourtant que Hors de la mort serait son dernier film. Il se dit alors surpris d’apprendre que l’acteur allait enchaîner avec un nouveau projet, Mauvais endroit. Rassuré par les propos de l’entourage de la star, qui affirmait qu’il « n’avait jamais été aussi bien », il accepte de poursuivre l’aventure. L’acteur ne participe toutefois qu’à deux jours de tournage, avec des scènes limitées et parfois assistées par une doublure pour les passages physiques.
Mais la réalité du terrain est tout autre. Le tournage de Mauvais endroit s’avère encore plus difficile. Mike Burns réalise qu’il a largement surestimé les capacités de Bruce Willis. Dans une scène pourtant simple, l’acteur devait marcher de la maison à une voiture. Une action banale… mais qu’il n’arrivait plus à accomplir sans aide, incapable de se souvenir du trajet. Pour le réalisateur, c’est un choc. Il comprend alors que la situation est devenue critique.
Profondément marqué par cette expérience, Mike Burns confie avoir pris une décision radicale : ne plus jamais travailler dans de telles conditions. Selon lui, continuer à tourner dans cet état n’était bénéfique pour personne — ni pour les équipes, ni pour les productions, et encore moins pour Bruce Willis lui-même.
