
L’horloge tourne pour le budget 2025. Le projet de loi de finances était attendu pour le 1er octobre à l’Assemblée nationale. Il sera finalement présenté le 10 octobre et s’annonce ambitieux. Le gouvernement souhaite réaliser plus de 40 milliards d’euros d’économies.
60 milliards d’euros. C’est le montant du redressement budgétaire pour 2025. La chasse aux économies est ouverte et le cap est clair. Au cours de sa déclaration de politique générale, mardi 1er octobre, le Premier ministre s’est engagé à «ramener le déficit à 5% de notre PIB en 2025».
Les prévisions tablent sur un déficit à 6,1% du PIB en 2024. Les ambitions sont d’autant plus importantes que le chef de gouvernement a annoncé vouloir «revenir sous le plafond de 3% en 2029», la limite imposée par l’Union européenne qui a déjà remonté les bretelles de la France pour déficit public excessif.
Pour réussir à calmer le déficit public, Michel Barnier et son équipe ont mis sur pied un budget précis qui sera présenté le 10 octobre en Conseil des ministres avec plusieurs jours de retard – selon le calendrier initial, le texte était attendu le 1er octobre à l’Assemblée nationale. Pour 2025, le total des dépenses publiques grimpe à 1 700 milliards d’euros soit un peu moins que l’année passée.
Cela représente 56,3% du PIB contre 56,8% du PIB en 2024. Côté recettes, Bercy prévoit 1 560 milliards d’euros selon le document de cadrage macroéconomique envoyé mercredi 2 octobre au Haut Conseil des finances publiques, comme le prévoit la procédure du projet de loi de finances.
40 milliards d’euros d’économies en 2025
Parmi les 60 milliards d’euros d’économies prévus par le gouvernement Barnier, 40 milliards seront réalisés par une réduction des dépenses. «Le premier remède de la dette, c’est la réduction des dépenses», a déclaré le Premier ministre devant les députés mardi 1er octobre. Les 20 milliards restants proviendront d’économies réalisées directement par l’Etat.
Le gouvernement démissionnaire de Gabriel Attal qui a commencé à travailler sur le budget 2025 cet été, alors que le nouveau Premier ministre n’avait pas encore été désigné, avait déjà prévu 15 milliards d’euros de réduction des dépenses. Ces économies sont détaillées dans les lettres-plafonds envoyées aux différents ministères en août. Pour plusieurs d’entre eux, les crédits alloués n’ont pas été ajustés en raison de l’inflation, entraînant ainsi une diminution de leurs budgets.
Il reste encore 5 milliards d’euros d’économies à réaliser. À ce jour, le gouvernement n’a pas communiqué d’informations sur les solutions envisagées. En revanche, faute de temps, ces 5 milliards ne figureront pas au projet de loi de finances, précise Bercy. Des amendements seront pris ultérieurement. En parallèle, les opérateurs de l’Etat devront réduire leurs dépenses pour économiser un milliard d’euros supplémentaires au total.
Pour obtenir les 20 milliards d’euros d’économies restantes, l’Etat prévoit de limiter les dépenses sociales d’environ 13 milliards d’euros. La principale mesure de réduction des dépenses consiste à décaler l’indexation des retraites sur l’inflation du 1er janvier au 1er juillet. La revalorisation des pensions est estimée autour de 1,8%.