
Cependant, il conteste avoir agressé sexuellement la petite fille. Il présente même une version particulièrement choquante des événements.
Il affirme qu’Ana aurait essayé de le séduire puis de lui extorquer de l’argent. Ces accusations contre une enfant de 7 ans provoquent une forte émotion.
Pour Marianne Bachmeier, entendre de telles déclarations concernant sa fille devient insupportable.
Lorsque le procès de Klaus Grabowski s’ouvre en 1981, elle décide alors de se rendre au tribunal.
Marianne Bachmeier reconnaîtra avoir préparé son geste
Le 6 mars 1981, Marianne Bachmeier arrive donc au tribunal avec une arme cachée dans son sac.
Pendant l’audience, elle sort le pistolet et tire sur Klaus Grabowski. L’homme meurt avant que la justice puisse terminer son procès.
Dans un premier temps, de nombreuses questions entourent les circonstances exactes du geste de la mère. S’agissait-il d’une réaction soudaine face à l’homme accusé d’avoir tué sa fille ou d’un acte préparé à l’avance ?
Des années plus tard, Marianne Bachmeier apportera elle-même une réponse.
En 1995, elle reconnaît avoir prémédité son geste. Elle explique également qu’elle voulait empêcher Klaus Grabowski de continuer à répandre ce qu’elle considérait comme des mensonges sur Ana.
Cette révélation donne une autre dimension à une affaire déjà extrêmement médiatisée.
Marianne Bachmeier avait donc choisi d’entrer armée dans le tribunal avec l’intention de tuer l’homme qu’elle tenait pour responsable de la mort de sa fille.
Son geste lui vaut une condamnation à six ans de prison, avant sa libération après environ trois années de détention.
L’histoire de Marianne Bachmeier reste depuis associée à une question particulièrement difficile : jusqu’où la douleur d’un parent peut-elle expliquer un acte de vengeance ?

Pour certains, elle restera avant tout une mère détruite par le meurtre de son enfant. Pour d’autres, aucune souffrance ne peut justifier le fait de décider soi-même de la peine à appliquer à un accusé.
Plus de quarante ans après les faits, l’affaire continue ainsi de susciter des réactions opposées. Elle reste l’un des cas les plus célèbres de vengeance personnelle survenue à l’intérieur même d’un tribunal.