
Une cicatrice chéloïde n’est pas une simple cicatrice mais une réaction inflammatoire de la peau à la suite d’une plaie. Tumeur bénigne, elle ne présente pas de danger pour la santé. Pour autant, elle ne se résorbe pas seule et nécessite une prise en charge médicale. Les explications et traitements possibles du Docteur Catherine Gaucher, dermatologue et vénérologue.
La différence entre une cicatrice hypertrophique et une cicatrice chéloïde
Une cicatrice hypertrophique est une cicatrice qui gonfle et se boursoufle après le retrait des points de suture ou la cicatrisation. Elle est généralement provoquée par des causes locales, par exemple lorsque la zone coupée est une zone très mobile, avec donc le risque de provoquer un mouvement des points à l’intérieur. Elle évolue spontanément avec le temps, même si cela peut parfois prendre plus d’un an.
Comment savoir si c’est une cicatrice chéloïde ? Définition
“Une cicatrice chéloïde c’est quelque chose de très différent. Il s’agit d’une petite tumeur bénigne qui continue à grossir et ne diminue pas spontanément”, explique le Dr Gaucher. Véritable excroissance, la cicatrice chéloïde peut avoir des proportions impressionnantes et ne reste pas circonscrite à la zone cicatricielle elle-même.
Elle est déclenchée par la stimulation et l’agression des cellules qui sont à la jonction entre le derme et l’épiderme en raison d’une boucle d’oreille, d’un vaccin, d’une coupure, d’une intervention chirurgicale ou d’une brûlure.
La cicatrice chéloïde est souvent génétique et atteint plus souvent les peaux noires ou métisses. “La récidive est très fréquente, c’est pour cette raison qu’avant de couper la peau on regarde le corps du patient et on l’interroge pour lui demander s’il a déjà des cicatrices”, ajoute le médecin.
Pourquoi ma cicatrice est boursouflée et gonflée ?
Une cicatrice chéloïde a une vascularisation beaucoup plus importante qu’une cicatrice normale. La peau est épaisse, luisante, dure et boursouflée en raison de la surproduction de collagène et des cellules du derme, les fibroblastes.
Elle peut être douloureuse et démanger. Autre élément permettant de la différencier d’une cicatrice hypertrophique, l’excroissance s’étend au-delà de la lésion d’origine.
Sont-elles plus fréquentes sur certaines parties du corps ?
Les cicatrices chéloïdes sont plus fréquentes sur les parties du corps difficile à immobiliser (plis, épaules etc.), sur les parties très vascularisées ou sur les zones où le derme est lâche comme au niveau des lobes d’oreille par exemple. Il n’est donc pas rare que la cicatrice chéloïde survienne après le perçage des oreilles.
Comment faire disparaître ces cicatrices mal cicatrisées ?
“Le traitement de la cicatrice chéloïde consiste à faire une injection intra lésionnelle de corticoïdes à l’intérieur de la boule, une fois par mois pendant 3 mois afin de diminuer l’inflammation”, explique le Dr Gaucher. Alors que le laser vasculaire fonctionne très bien sur les cicatrices hypertrophiques, il fonctionne en revanche un peu moins bien sur les cicatrices chéloïdes.
Dans certains cas, le médecin peut également être amené à prescrire de la cryothérapie ou de la radiothérapie. Lorsque l’excroissance est trop importante et ne diminue pas après le traitement, une intervention chirurgicale est inévitable. Il faudra alors utiliser des techniques préventives pour réduire le risque de récidive.