
Léon XIV, fraîchement élu, confronté à des scandales sexuels et familiaux. Des messages insultants de son frère Louis ébranlent le Vatican. Enquêtes en cours.
À peine intronisé, le pape Léon XIV (Robert Francis Prevost) voit son pontificat éclaboussé par une double tempête. D’un côté, des accusations historiques de laxisme face à des affaires d’abus sexuels impliquant des prêtres sous sa responsabilité. De l’autre, les dérapages verbaux de son frère, Louis Prevost, dont les messages incendiaires sur les réseaux sociaux font le tour du monde.
Le Vatican, déjà fragilisé par des années de crises liées à la pédocriminalité, doit désormais gérer l’onde de choc provoquée par ces révélations. Entre opacité supposée et tensions familiales, Léon XIV navigue en eaux troubles, alors que son autorité morale est mise à l’épreuve dès ses premiers jours en fonction.
Abus sexuels et zones d’ombre sous Léon XIV
Dès son élection, la presse internationale a ressurgi des dossiers sensibles liés au parcours du nouveau pape. Entre 1999 et 2001, quand il était provincial augustinien à Chicago, Léon XIV aurait autorisé l’hébergement d’un prêtre condamné pour abus sur mineurs près d’une école primaire.
Malgré la laïcisation du religieux en 2012, certains l’accusent d’avoir minimisé les risques. Ses défenseurs rétorquent qu’il a respecté les procédures canoniques de l’époque.
Au Pérou, où il fut évêque de Chiclayo, des victimes dénoncent son manque de soutien face à deux prêtres abuseurs. Le diocèse assure qu’il les a rencontrées en 2022 et qu’une enquête canonique est ouverte. Mais les critiques persistent, soulignant un décalage entre les promesses de transparence du pape François – dont Léon XIV appliquait les réformes – et la gestion de ces affaires. Un paradoxe pour celui qui incarnait l’espoir d’une Église renouvelée.
Louis Prevost, un frère encombrant sous les projecteurs
Proche de Léon XIV, Louis Prevost, ancien marine de 65 ans, incarne désormais le versant sulfureux de cette papauté naissante. Dimanche 18 mai, leur étreinte chaleureuse après la messe inaugurale a pourtant marqué les esprits. Les deux hommes, qui ne s’étaient pas vus depuis un an, ont échangé en aparté. Certains spéculent sur des conseils du pape pour modérer l’ardeur médiatique de son aîné.
Quelques jours plus tôt, Louis multipliait les déclarations enthousiastes sur NBC, évoquant un destin papal pressenti dès l’enfance de Robert. « On le taquinait à six ans en lui disant qu’il deviendrait pape », confiait-il, visiblement ému. Un récit familial idyllique, vite éclipsé par la révélation de ses posts polémiques…
Des dérapages qui menacent la crédibilité du Vatican
L’euphorie a viré au cauchemar lorsque des messages de Louis Prevost ont fuité. Sur Facebook, il traite Nancy Pelosi de « connasse ivre », accuse les démocrates de vouloir instaurer une « dictature raciste » et moque les parents d’enfants transgenres. Ses appels à l’arrestation de soutiens de Joe Biden, qualifiés de « malades mentaux », achèvent de dresser le portrait d’un homme aux positions ultra-polarisées.
Si le Vatican se garde de tout commentaire, ces propos heurtent une institution en quête d’apaisement. Comment Léon XIV, garant d’une Église universelle, peut-il gérer l’image d’un frère aux diatribes clivantes ? La question agite les couloirs du Saint-Siège, alors que les fidèles attendent des signes forts pour restaurer une confiance ébranlée. Entre crise familiale et défis moraux, le pape devra trancher : laver l’outrage ou risquer l’implosion.