
Plus de 600 000 retraités cumulent actuellement une pension et une activité professionnelle en France. Ce dispositif séduit un nombre croissant de personnes. Certains souhaitent rester actifs après leur départ à la retraite. D’autres recherchent simplement un complément de revenus afin de préserver leur pouvoir d’achat.
Pendant de nombreuses années, les règles ont favorisé cette possibilité. La réforme des retraites de 2023 a même renforcé l’attractivité du cumul emploi-retraite en accordant de nouveaux droits aux personnes qui poursuivent une activité.
Toutefois, la situation devrait évoluer dans les prochains mois. La dernière loi de financement de la Sécurité sociale prévoit un important durcissement du dispositif. À partir de 2027, les conditions d’accès au cumul emploi-retraite seront modifiées. Pour de nombreux futurs retraités, ce mécanisme pourrait ainsi perdre une grande partie de son intérêt.
Avant d’aborder ces changements, il est utile de rappeler le fonctionnement actuel du système. Aujourd’hui, deux régimes coexistent : le cumul libre et le cumul plafonné. Le premier permet de reprendre une activité sans limitation de revenus. Le second impose un plafond au-delà duquel la pension est réduite ou suspendue.
Un dispositif encore avantageux dans sa forme actuelle
Le cumul libre s’adresse aux retraités qui remplissent deux conditions essentielles. Ils doivent bénéficier d’une retraite à taux plein et avoir liquidé l’ensemble de leurs pensions, qu’elles soient de base ou complémentaires.
Lorsqu’ils répondent à ces critères, ils peuvent reprendre une activité professionnelle sans restriction de revenus. Leur pension continue alors d’être versée normalement, quel que soit le montant de leurs nouveaux revenus.
En revanche, les retraités qui ne remplissent pas ces conditions relèvent du cumul plafonné. Dans ce cas, le total des revenus d’activité et de la pension ne doit pas dépasser un certain seuil.
Ce plafond correspond généralement à la moyenne des derniers salaires perçus ou à 1,6 fois le Smic lorsque cette solution est plus favorable. Si cette limite est dépassée, la pension peut être réduite, voire suspendue.
La réforme de 2023 a renforcé l’intérêt du cumul emploi-retraite
La réforme des retraites de 2023 a apporté une évolution importante. Désormais, les cotisations versées pendant une période de cumul emploi-retraite permettent d’acquérir de nouveaux droits.
Concrètement, lorsqu’un retraité cesse définitivement son activité, il peut bénéficier d’une seconde pension. Même si cette dernière reste plafonnée, cette nouveauté a rendu le dispositif plus attractif qu’auparavant.
Le cumul emploi-retraite s’est ainsi installé durablement dans le parcours de nombreux seniors. L’allongement de l’espérance de vie explique en partie cette évolution. Le souhait de conserver une activité professionnelle joue également un rôle important.