
Le 8 mars 2026, un drame spectaculaire s’est produit à Hourtin, en Gironde. Vers 20h30, un violent incendie s’est déclaré dans le supermarché Carrefour Market, provoquant d’importants dégâts matériels et plongeant une partie de la commune dans la stupeur. En quelques minutes seulement, les flammes ont entièrement ravagé ce commerce de 3 000 m² malgré l’intervention rapide des secours.
Près de 28 pompiers ont été mobilisés pour tenter de maîtriser le sinistre. Mais face à l’ampleur du feu, les équipes n’ont pas réussi à sauver le bâtiment, qui a été totalement détruit. Les pertes sont considérables : le préjudice est estimé à environ 7 millions d’euros. En plus de la destruction du magasin, une boutique de fleurs située à proximité a également été touchée par les flammes. Ce drame a aussi eu des conséquences humaines importantes puisque 31 salariés ont été placés en chômage technique après la disparition de leur lieu de travail.
Très rapidement, une enquête pour “dégradation du bien d’autrui par moyens dangereux” a été ouverte par le parquet afin de comprendre l’origine de cet incendie. Les investigations ont été confiées à la brigade de recherches de la gendarmerie de Lesparre-Médoc. Grâce à l’analyse minutieuse des images de vidéosurveillance de la commune ainsi que de celles du magasin, les enquêteurs ont fini par identifier une suspecte inattendue : une adolescente âgée de seulement 12 ans, habitante d’Hourtin.
Interpellée le 19 mars dernier, la jeune fille a été placée en retenue judiciaire, une mesure équivalente à une garde à vue adaptée aux mineurs. Selon les déclarations du procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, l’adolescente a immédiatement reconnu les faits lors de son audition. Elle a expliqué avoir mis le feu à des vêtements qu’elle avait trouvés dans des caddies du magasin, provoquant ensuite un embrasement extrêmement rapide.
Au cours de son interrogatoire, la mineure a également confié aux enquêteurs qu’elle ressentait un véritable “attrait pour le feu”. Une déclaration qui a particulièrement retenu l’attention des autorités judiciaires et des experts chargés d’évaluer son état psychologique. Une expertise psychiatrique a d’ailleurs été réalisée afin de déterminer si son discernement était altéré au moment des faits. Les conclusions ont finalement estimé qu’elle était pénalement responsable de ses actes, écartant toute abolition ou altération de son discernement.
L’adolescente a ensuite été présentée au parquet des mineurs dans le cadre d’une procédure rapide devant le juge des enfants. Dans l’attente de son jugement sur le fond, la justice a demandé la mise en place d’une mesure éducative judiciaire provisoire. Cette décision comprend plusieurs obligations strictes, notamment un suivi sanitaire et psychologique destiné à encadrer la jeune fille et à prévenir tout risque de récidive.
Parmi les mesures imposées figurent également une interdiction de se rendre à Hourtin ainsi qu’une interdiction de circuler seule sur la voie publique entre 19 heures et 6 heures du matin sans être accompagnée par un éducateur. Ces restrictions visent à assurer la sécurité tout en mettant en place un accompagnement éducatif adapté à son âge.
Comme l’a rappelé le procureur chargé de l’affaire, les mineurs âgés de moins de 13 ans ne peuvent pas être condamnés à une peine de prison en France. En revanche, lorsqu’ils sont considérés comme capables de discernement, ils peuvent faire l’objet de mesures judiciaires éducatives destinées à les responsabiliser et à éviter de nouveaux passages à l’acte.
Cette affaire a profondément choqué les habitants d’Hourtin, d’autant plus que l’incendie a provoqué des dégâts économiques majeurs pour la commune et ses commerçants. Beaucoup s’interrogent désormais sur les raisons qui ont poussé une enfant de 12 ans à commettre un acte aux conséquences aussi lourdes.