La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, se retrouve une nouvelle fois sous le feu des projecteurs. Accusée d’avoir engagé des dépenses jugées excessives, elle a décidé de répliquer avec fermeté. Ce jeudi, la maire a publié un rapport détaillé sur les indemnités perçues par les élus de la capitale ainsi que sur les frais de représentation des maires d’arrondissement, après des révélations de Mediapart et de Libération.
Selon le média d’investigation, Anne Hidalgo aurait dépensé au moins 75 000 euros en quatre ans pour ses frais de déplacement et de représentation, incluant notamment des dépenses vestimentaires. Des montants qui, d’après la mairie, respectent le plafond légal fixé par le code général des collectivités territoriales. Face à ce qu’elle qualifie de campagne de dénigrement, l’édile socialiste a annoncé, le 19 septembre, le dépôt d’une plainte pour “dénonciations calomnieuses”.
Les révélations ne se limitent pas à la maire de Paris. Le maire socialiste du 18e arrondissement, Éric Lejoindre, proche d’Hidalgo et directeur de campagne du candidat PS Emmanuel Grégoire, a lui aussi été visé. Le journal Libération a examiné les notes de frais de l’ensemble des 17 maires d’arrondissements, révélant des pratiques diverses, parfois discutables, des deux côtés de l’échiquier politique. Certains élus auraient, par exemple, demandé le remboursement de repas incluant des “menus enfant”, selon les élus LR du groupe de Rachida Dati.
Pour apaiser la polémique, la Ville de Paris a rappelé que son budget global s’élève à plus de 11 milliards d’euros en 2025 et que la maire exerce des fonctions de représentation nationale et internationale. Les indemnités, souligne-t-elle, sont définies par délibération du Conseil de Paris et ne peuvent dépasser un plafond mensuel de 8 897,93 euros brut pour les élus cumulant plusieurs mandats.
Les frais de représentation de la maire de Paris sont quant à eux plafonnés à 19 720 euros par an, tandis que ceux des maires d’arrondissement ne peuvent excéder 11 092 euros. Ces montants, en vigueur depuis l’époque de Bertrand Delanoë en 2001, ont même diminué d’environ 10 000 euros en vingt ans, a précisé Patrick Bloche, premier adjoint à la maire. Il a défendu ces règles strictes comme un “garde-fou contre la corruption”, ajoutant qu’un mémento de la Commission de déontologie encadre précisément les conditions d’utilisation de ces fonds.
De son côté, Éric Lejoindre a dénoncé dans Le Parisien une “tentative de diversion orchestrée par la droite parisienne”, rappelant que Rachida Dati, candidate LR aux prochaines municipales, sera jugée pour corruption en septembre 2026, soit six mois après les élections. “Le timing de cette polémique n’est pas anodin”, a-t-il ironisé, estimant que la droite cherchait à détourner l’attention du rapport de la Chambre régionale des comptes, qui pointe la mauvaise gestion financière de la capitale.
Le maire LR du 17e arrondissement, Geoffroy Boulard, président du principal groupe d’opposition, estime pour sa part que “le véritable problème, c’est la gouvernance même de la Ville de Paris”. Selon lui, cette affaire de frais de représentation illustre une “opacité chronique” dans la gestion des fonds publics municipaux. Fait notable, Rachida Dati a précisé ne pas utiliser les frais de représentation auxquels elle a pourtant droit en tant que maire du 7e arrondissement.
