
Interrogé par Libération, l’épidémiologiste Antoine Flahault, professeur à l’université Paris Cité et à l’hôpital Bichat, a rappelé que cette souche reste néanmoins très dangereuse :
« On serait en terrain connu. Elle est peu contagieuse, mais d’une grande virulence, avec un taux de létalité pouvant atteindre 30 à 40 % chez les personnes infectées. »
L’Espagne hésite à accueillir le bateau
Face à l’incertitude autour de la situation sanitaire, l’Espagne a longtemps hésité avant d’autoriser le navire à accoster dans les îles Canaries. Les autorités espagnoles attendaient davantage de données épidémiologiques avant de prendre une décision.
Finalement, le ministère espagnol de la Santé a accepté l’arrivée du bateau, tout en mettant en place des protocoles sanitaires renforcés.
Parallèlement, une enquête sanitaire internationale a été ouverte pour retrouver les passagers ayant voyagé avec une femme contaminée par le virus. Cette dernière avait été évacuée depuis l’île de Sainte-Hélène vers Johannesburg, en Afrique du Sud, après l’apparition de symptômes graves. Elle est finalement décédée à l’hôpital. Son mari avait lui aussi succombé quelques heures plus tôt à bord du navire, selon les informations relayées par l’OMS.
Comment se transmet le hantavirus ?
Le hantavirus est principalement porté par des rongeurs sauvages. Ces animaux contaminent l’environnement à travers leurs déjections, leur urine ou leur salive.
Selon Santé publique France, la contamination humaine survient généralement après l’inhalation de poussières contaminées, notamment lors :
- d’activités en forêt ;
- du nettoyage de bâtiments inhabités depuis longtemps ;
- de travaux agricoles ;
- de séjours dans des zones rurales ;
- d’un contact fréquent avec des rongeurs.
Les personnes vivant ou travaillant à proximité des champs, fermes ou forêts sont donc davantage exposées à ce type d’infection.
Quels sont les symptômes du hantavirus ?
Les symptômes d’une infection au hantavirus peuvent varier fortement d’une personne à une autre. Dans les premiers jours, ils ressemblent souvent à une grippe classique.
Les malades peuvent notamment présenter :
- une forte fièvre ;
- des maux de tête ;
- des douleurs musculaires ;
- une grande fatigue ;
- des troubles respiratoires ;
- parfois des nausées et vomissements.
Dans les formes les plus graves, l’infection peut évoluer vers deux maladies sévères :
- Le syndrome pulmonaire à hantavirus, qui provoque une détresse respiratoire potentiellement mortelle ;
- La fièvre hémorragique avec syndrome rénal, pouvant entraîner une atteinte grave des reins.
Ces complications peuvent conduire à des hospitalisations en soins intensifs et, dans certains cas, au décès du patient.
Des analyses toujours en cours
Pour le moment, les scientifiques poursuivent les séquençages génétiques afin de confirmer avec certitude la souche impliquée dans cette contamination. Même si la piste du virus Andes est aujourd’hui privilégiée, l’OMS insiste sur le fait qu’aucune conclusion définitive n’a encore été officiellement établie.
Les autorités sanitaires internationales restent mobilisées afin de suivre l’évolution de la situation et d’identifier rapidement les éventuels nouveaux cas parmi les passagers et leurs contacts proches.