“Honte à Mika” : une chanteuse sans jambes débarque sur scène, Mika fait une blague choquante

INTERVIEW. Après sa prestation émouvante sur le titre Hey Now de London Grammar dont elle a traduit une partie dans son dialecte natal, Okali a décidé de rejoindre l’équipe de Mika. Pour Télé-Loisirs, elle se confie sur son parcours et sa participation à The Voice 2024.

Ce samedi 24 février, les coachs de The Voice 2024 étaient de retour dans leur célèbre fauteuil rouge pour une troisième soirée des auditions à l’aveugle. Parmi les talents qui se sont illustrés sur scène se trouvait Okali, qui a décidé de rejoindre l’équipe de Mika. Dans son portrait, la chanteuse d’origine camerounaise a révélé être arrivée en France à ses treize ans pour se soigner d’une maladie qui lui a fait perdre sa jambe gauche. Elle se confie sur son parcours et les raisons qui l’ont poussée à participer à l’émission de TF1.

Okali (The Voice 2024) : “J’ai été adoptée dans le but de me sauver la vie

Télé-Loisirs : Quel est votre parcours de vie ?

Okali : Le projet Okali porte mon nom de naissance. J’ai été adoptée dans le but de me sauver la vie. C’était un commun accord entre mes quatre parents pour stopper le cancer qui parcourait mes os et parce qu’il fallait un cadre médical important et ce fut en France. Donc à la suite de cette adoption et de cette maladie, mon état civil a changé.

En grandissant, il était nécessaire que je boucle la boucle et j’ai monté ce projet Okali pour redonner vie à ce nom et à la mémoire de mes racines et la mémoire de mon présent. J’ai deux familles, tout est multiplié par deux. Je suis ravie d’être musicienne aujourd’hui, intermittente du spectacle et de vivre de ma passion.

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Vous dites de votre handicap que c’est une sorte de “super-pouvoir”, en quoi cela a-t-il changé votre vie ?

Quand je dis un super-pouvoir, c’est parce que j’estime que j’ai eu de la chance de grandir avec, parce que l’avoir dans la vie adulte, c’est beaucoup plus compliqué à accepter alors que l’enfant est presque une éponge, s’adapte beaucoup plus facilement. Et ça m’a permis d’extérioriser par l’art. Aujourd’hui, je vais très bien, c’est fantastique et je croque la vie. J’ai beaucoup de chance d’être là. J’ai eu un cancer, j’ai perdu ma jambe gauche, et aujourd’hui, j’ai envie que cette prothèse se transforme aussi. Il faut qu’elle rejoigne le monde artistique que j’ai créé.

D’ailleurs, je lance un appel à des plasticiens parce que j’ai envie de la transformer en objet d’art. Pour l’instant, je ne veux pas la montrer parce qu’elle n’a pas l’apparence que j’aimerais qu’elle ait visuellement. J’ai une sorte de prothèse du futur avec un microprocesseur, un genou électronique qui se branche au secteur, c’est incroyable tout ce qu’on peut faire pour les personnes amputées aujourd’hui. J’aime à dire que je suis une cyborg.

Comment la musique est arrivée dans votre vie ?

L’art a été mon auto-thérapie. Ça a été très naturel, mon esprit a automatiquement pris ce chemin-là. Le chant est arrivé dans ma vie un peu tardivement, j’ai fait un bac littéraire en art plastique et j’ai été acceptée aux Beaux-arts de Toulouse et c’est là que j’ai rencontré des musiciens. Je me suis dit : “Ah tiens, ça me parle parce que dans mon enfance”.