La facture en question équivaut à la consommation de deux piscines olympiques, utilisée pour le nettoyage des parties communes de l’immeuble.
Depuis plusieurs mois, les habitants tentent d’obtenir des éclaircissements. En effet, les locataires de cet immeuble HLM ont reçu une facture totalement incompréhensible, censée correspondre à l’eau utilisée dans les parties communes. Pour l’heure, leur bailleur demeure silencieux malgré leurs nombreuses sollicitations.
En février, ils ont découvert un courrier leur réclamant une lourde régularisation de charges pour l’année 2022. Une véritable « douche froide », comme l’a décrit Le Parisien dans un article du 6 novembre. Les montants réclamés — entre 200 et 750 euros — pèsent lourd dans le quotidien des résidents de ce bâtiment situé au 5 rue Ravel, à Senlis, dans l’Oise.
Une facture de plus de 19 000 euros répartie entre tous les locataires
« C’est quasiment un loyer », se désole Jennifer, à qui il est demandé 700 euros. « J’habite ici depuis 1984 et c’est la première fois qu’on me réclame un tel remboursement », s’étonne Liliane. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2022, la consommation d’eau destinée au nettoyage des communs a atteint 4 800 m3, soit près de deux piscines olympiques, contre 1 247 m3 en 2021 et à peine 79 m3 en 2020, rappellent nos confrères.
La somme totale atteint 19 015,45 euros, répartis entre la vingtaine de locataires du quartier de la Gâtelière. Dans l’immeuble voisin, seulement 62,83 m3 d’eau ont été consommés la même année, ce qui renforce les soupçons d’anomalie. Les habitants redoutent désormais l’arrivée de la régularisation pour 2023, qui devrait tomber prochainement.
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Les habitants de cet immeuble social ont eu une très mauvaise surprise.
Une consommation d’eau liée au nettoyage… mais totalement hors norme
« C’est la grande surprise, on n’en dort plus », confie un résident. Il ajoute : « On a une épée de Damoclès au-dessus de la tête. » Convaincus qu’une erreur s’est glissée dans les calculs, les locataires font face à un bailleur qui, lui, ne semble pas juger cette consommation anormale — alors même que le nettoyage des communs n’est effectué qu’« une à deux fois par semaine ».
« On ressent un mépris profond envers les locataires », déplore Philippe, présent lors d’une réunion en avril. Face à l’absence de réponses, les habitants se sont tournés vers la CLCV de l’Oise (Consommation Logement et Cadre de Vie), une association spécialisée dans la défense des locataires. Leur objectif : obtenir enfin des explications, même si certains ont déjà payé malgré eux.
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Les locataires sont abasourdis par les montants facturés.
Une facture jugée « irrationnelle » par les défenseurs des locataires
« Quand on facture 4 800 m3, il faut que cela corresponde à un service réel », explique Vincent Moquet, chargé de mission logement social à la CLCV de l’Oise. Déterminé à défendre les résidents, il reconnaît toutefois son impuissance temporaire face au manque de réponses concrètes.
« Je n’ai toujours pas d’explication pour justifier une telle quantité d’eau utilisée pour le nettoyage des communs », souligne-t-il. Il évoque la possibilité d’une fuite d’eau importante, théorie contestée par le bailleur social, qui affirme néanmoins « poursuivre les investigations pour identifier l’origine de cette surconsommation ».
