
Vous en avez assez de slalomer entre les crottes de chiens sur les trottoirs ? À Saint-Omer, dans le nord de la France, le ras-le-bol est devenu général. Face à une situation jugée de plus en plus insupportable par les habitants, la municipalité a décidé de passer à l’action avec une mesure aussi originale que radicale.
Une ville confrontée à un véritable fléau
Dans les rues de cette commune du Pas-de-Calais, certains habitants disent désormais marcher les yeux rivés au sol pour éviter les mauvaises surprises. Le nombre de déjections canines aurait fortement augmenté ces dernières années, au point de devenir un véritable problème de propreté et de qualité de vie.
Pour y remédier, la mairie a décidé d’expérimenter une solution inédite dès le printemps 2025 : la mise en place d’un fichier ADN des chiens. L’objectif est clair : identifier les propriétaires qui ne respectent pas la loi en ne ramassant pas les déjections de leur animal.
Selon les règles en vigueur rappelées par le ministère de l’Agriculture, ne pas ramasser les déjections de son chien expose déjà à une amende pouvant aller jusqu’à 450 euros. Mais malgré cela, les incivilités persistent.
Un système basé sur l’ADN des chiens
Concrètement, le dispositif imaginé par la mairie repose sur un principe simple mais technologique. Dans un périmètre défini, chaque propriétaire devra enregistrer son chien dans une base de données comprenant notamment son ADN.
Comme l’a expliqué le maire François Decoster, cette “carte d’identité” canine permettra ensuite aux agents municipaux de faire des prélèvements directement sur les déjections retrouvées dans l’espace public. L’ADN extrait pourra être comparé à celui présent dans la base de données, afin de remonter jusqu’au propriétaire fautif.
Une fois identifié, ce dernier s’expose à une amende de 267 euros. Une sanction plus ciblée, rendue possible grâce à cette méthode jugée dissuasive.
Une mesure qui divise les habitants
Si certains saluent une initiative efficace pour améliorer la propreté des rues, d’autres dénoncent une mesure excessive.
Certains habitants estiment que le problème vient aussi du manque d’infrastructures, notamment de poubelles ou de dispositifs adaptés. Pourtant, la municipalité rappelle que des efforts ont déjà été faits : environ 4 500 sacs plastiques sont mis à disposition dans les 16 poubelles réparties dans la ville.
En plus de cela, plusieurs “canisites” — des espaces spécialement aménagés pour les chiens — existent déjà à différents endroits de la commune.
Malgré ces équipements, tous les propriétaires ne jouent pas le jeu, d’où la volonté de la mairie de responsabiliser davantage les contrevenants.
Une expérimentation qui pourrait faire école
Cette initiative, encore en phase de test, pourrait bien inspirer d’autres villes en France si elle s’avère efficace. Entre innovation technologique et lutte contre les incivilités, Saint-Omer tente une approche nouvelle pour répondre à un problème du quotidien qui agace de plus en plus de citoyens.
Reste à voir si cette “traque à l’ADN” suffira à changer durablement les comportements… ou si elle relancera le débat sur les limites de ce type de contrôle.