
Le risque existe donc, sans permettre d’affirmer qu’une attaque se prépare actuellement sur le territoire français.
Pourquoi une alliance avec Daech paraît improbable
Une autre question apparaît avec l’aggravation des tensions. Des groupes djihadistes sunnites pourraient-ils profiter de la situation et soutenir indirectement l’Iran contre des adversaires communs ?
Pour plusieurs spécialistes, cette hypothèse reste peu crédible. La France a surtout subi, ces dernières années, des attaques inspirées ou organisées par des mouvements djihadistes sunnites.
Or, ces organisations entretiennent une profonde hostilité idéologique envers le pouvoir chiite iranien. Daech et Al-Qaida considèrent notamment les chiites comme des adversaires religieux.
Une véritable alliance entre ces mouvements et Téhéran semble donc difficilement envisageable. Marc Hecker estime ainsi improbable une « convergence des luttes » entre les organisations djihadistes sunnites et le régime iranien.
Des individus isolés peuvent évidemment développer leurs propres motivations. Cependant, cela ne signifie pas que des organisations historiquement ennemies vont soudainement coopérer.
Plusieurs menaces distinctes à surveiller
Pour la France, le défi consiste donc à surveiller plusieurs menaces sans les confondre. Les autorités doivent protéger les cibles potentiellement exposées et suivre les conséquences du conflit.
Elles doivent également tenter de détecter d’éventuels passages à l’acte individuels. La situation justifie ainsi une vigilance renforcée.
Cependant, il reste nécessaire de distinguer un risque potentiel d’une menace imminente. L’histoire rappelle que les crises impliquant l’Iran peuvent avoir des conséquences en Europe.
Néanmoins, le dispositif antiterroriste français a profondément évolué. La coopération internationale offre également aujourd’hui des capacités de surveillance bien différentes de celles disponibles dans les années 1980.