
Jean Reno fait partie de ces visages que l’on n’oublie pas. Acteur emblématique du cinéma français, il incarne depuis des décennies une certaine idée du charisme à la française, mêlant profondeur, sensibilité et force tranquille. S’il a longtemps été l’un des piliers du paysage culturel hexagonal, l’acteur a désormais choisi de poser ses valises de l’autre côté de l’Atlantique. Un choix mûrement réfléchi, qui s’inscrit dans une nouvelle vision de sa vie familiale et professionnelle, et qu’il explique aujourd’hui sans détour.
Né le 30 juillet 1948 à Casablanca, Jean Reno – de son vrai nom Juan Moreno y Herrera-Jiménez – s’est imposé au fil des décennies comme un acteur incontournable du cinéma francophone et international. Après quelques débuts timides, c’est Luc Besson qui lui offre les rôles qui changeront son destin : Le Grand Bleu, La Femme Nikita, puis Léon. Ces films deviennent cultes et propulsent Reno au rang de star mondiale. Sa carrière prend ensuite une dimension hollywoodienne grâce à Mission Impossible, Ronin, Godzilla ou encore Da Vinci Code.
À travers ces rôles forts, sa voix grave, son allure singulière et ce charisme mystérieux ont forgé une identité cinématographique unique, admirée depuis plus de quarante ans.
Côté vie privée, l’acteur est père de six enfants issus de trois mariages. Une vie familiale riche, parfois bousculée par les exigences d’un métier intense, qui a beaucoup influencé ses décisions, notamment celle de quitter la France.
Jean Reno épouse sa première femme, Geneviève, en 1977
Jean Reno épouse Geneviève en 1977. Le couple accueille deux enfants : Sandra, née en 1977, et Michael, né en 1980. Mais la carrière de l’acteur, marquée à l’époque par une succession de tournages et de déplacements, met le couple à rude épreuve.
En 1995, après des années de vie rythmée par l’absence, ils finissent par divorcer.
En 2024, Jean Reno revenait avec émotion sur cette période :
“Je suis écartelé entre le travail et la maison. Le premier mariage a été difficile à cause de ça, parce que je ne roulais pas sur l’or et qu’il fallait que je travaille. Je n’étais pas là et je n’étais plus l’homme qui s’est marié avec elle.”
Malgré la séparation, le respect demeure intact :
“Geneviève est la mère de Sandra et Michael. Je n’ai jamais rompu les ponts.”
Cette première expérience l’a profondément marqué et lui a appris l’importance de trouver un véritable équilibre entre carrière et famille.
Son mariage avec un mannequin polonais
En 1996, il rencontre la mannequin polonaise Nathalie Dyszkiewicz, qu’il épouse un an plus tard. De cette union naissent deux autres enfants : Tom, en 1996, et Serena, en 1998. Leur mariage ne dure toutefois que quelques années, et le couple se sépare en 2001.
Cette période marque une transition importante dans la vie émotionnelle de l’acteur, qui cherche encore une stabilité affective durable.
Zofia Borucka, la femme qui change tout
Depuis 2006, Jean Reno est marié à Zofia Borucka, actrice et mannequin franco-britannique de 23 ans sa cadette. Ensemble, ils ont deux fils : Cielo (2009) et Dean (2011), ce dernier ayant pour parrain le célèbre rappeur américain Jay-Z, preuve de l’entourage cosmopolite de l’acteur.
Jean Reno décrit cette union comme fondatrice :
“Zofia est la femme avec qui je parviens enfin à un échange total.”
Un équilibre qu’il dit n’avoir jamais expérimenté auparavant, et qui a profondément influencé ses choix de vie, dont celui de s’installer aux États-Unis.
Jean Reno s’exile aux États-Unis avec sa famille
Depuis de nombreuses années, Jean Reno vit à New York, dans le quartier artistique de Greenwich Village. Loin du tumulte parisien, il y a trouvé un cadre de vie apaisant, propice à la discrétion et à la créativité.
Il y fréquente un réseau culturel dynamique, rencontre régulièrement des artistes français – notamment son ami et voisin Marc Lévy – et profite d’une communauté francophone très active.
Il explique :
“On est bien là-bas. Je suis voisin de Marc Levy, il y a près de 100 000 Français à New York, c’est à six heures de Paris et c’est là que j’ai rencontré ma femme.”
Contrairement à ce que certains imaginent, il affirme ne pas ressentir de manque vis-à-vis de la France :
“La France ne me manque pas. Je suis conseiller culturel des Baux-de-Provence, j’y ai créé un cours de théâtre et un cours de chant, j’y vais très souvent. En fait, je vis tous les jours avec la France.”
Mais ce sont surtout les mentalités américaines qu’il dit apprécier :
“En Amérique, si vous parlez d’ouvrir un magasin de bonbons, tout le monde trouvera l’idée formidable. En France, on vous regardera comme un fou.”
Une comparaison qui a fait réagir : si certains y ont vu une forme d’ingratitude, d’autres ont salué son honnêteté et son désir de liberté.
Un choix assumé, loin des polémiques
Les propos de Jean Reno ont suscité des débats, mais l’acteur reste serein. Pour lui, vivre à New York n’est pas un rejet de la France, mais une façon d’offrir un environnement plus stable à sa famille, tout en continuant à travailler et à transmettre sa passion pour le théâtre et le cinéma.
Qu’on partage ou non sa vision, une chose est sûre : Jean Reno reste fidèle à lui-même, un homme libre, entier, qui trace son chemin là où il se sent en paix — sans jamais renier ses racines.