
Bill Gates ? La question des liens entre le cofondateur de Microsoft et Jeffrey Epstein alimente depuis le départ les sphères complotistes en ligne. Sur différents réseaux comme X ou Facebook, de nombreuses publications affirment notamment que le milliardaire aurait déclaré qu’il «quittera les États-Unis» si «la liste des clients d’Epstein est publiée» un jour. Certaines, devenues virales, cumulent des centaines de milliers de vues. Si Bill Gates n’a a priori jamais fait référence à une «liste» de clients de Jeffrey Epstein, il s’est récemment exprimé au sujet de sa relation passée avec l’ancien financier accusé de trafic sexuel de mineurs. Dans une interview vidéo publiée le 25 janvier par le Wall Street Journal, le milliardaire a affirmé, «rétrospectivement, avoir été stupide de passer du temps avec lui». Par le passé, les deux hommes se sont en effet rencontrés plusieurs fois. «Je pensais qu’il m’aiderait dans le cadre de la philanthropie mondiale en matière de santé, mais il ne l’a pas fait. C’était une énorme erreur», a déclaré Bill Gates dans cette interview.
Et Donald Trump ? Le futur président des États-Unis confiait en 2002 : «Je connais Jeff depuis quinze ans. Un type génial… C’est un plaisir de passer du temps avec lui. On dit même qu’il aime autant les jolies femmes que moi. Il les préfère plutôt jeunes.»
La mort qui arrange (trop) de monde
Le 10 août 2019, coup de théâtre : Jeffrey Epstein est retrouvé pendu dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center de Manhattan. La procédure le visant se termine de facto, et l’autopsie confirme un suicide par pendaison. Une conclusion qui en laisse plus d’un sceptique. D’autant que de «graves irrégularités» sont pointées du doigt par le ministre de la justice William Barr, en poste en 2019 (sous la présidence Trump) : les gardiens qui ne font pas leurs rondes toutes les 30 minutes comme prévu, les caméras de surveillance qui tombent mystérieusement en panne, l’absence de codétenu, laissant Epstein seul dans sa cellule. Simples coïncidences ? Le grand public n’y croit pas. Sur les réseaux sociaux, la machine à fantasmes tourne à plein régime. «Je vous assure que l’enquête va continuer, visant quiconque étant complice d’Epstein», promet Barr .

Des têtes qui tombent
L’affaire Epstein est loin d’être enterrée avec son principal protagoniste. Les têtes continuent de tomber comme des dominos. D’abord, celle de Ghislaine Maxwell, l’ex-compagne et rabatteuse en chef du financier. Arrêtée le 2 juillet 2020 aux États-Unis, la mondaine britannique écope de 20 ans de prison le 28 juin 2022. Puis vient le tour du Français Jean-Luc Brunel, l’ex-patron de l’agence de mannequins Karin Models. Retrouvé pendu dans sa cellule parisienne en février 2022.
Les banques aussi n’échappent pas elles non plus à l’affaire Epstein. La société d’investissement Apollo Global Management annonce en mars 2021 le départ de son patron Leon Black, qui était en affaires avec Jeffrey Epstein. Quant à la banque britannique Barclays, elle annoncera en novembre de la même année le départ de son patron Jes Staley, visé par une enquête des autorités financières sur ses liens avec le financier américain.