
Une pression permanente sur les moyens russes
Cette stratégie cherche également à imposer un coût permanent à la Russie.
Même lorsqu’un drone ne parvient pas à atteindre sa cible, sa présence peut contraindre les forces adverses à mobiliser des systèmes de détection et d’interception.
Les navires doivent également adapter leurs déplacements.
Les infrastructures stratégiques peuvent nécessiter des moyens de protection supplémentaires.
Dans le cas du détroit de Kertch, l’enjeu dépasse donc le nombre de bâtiments effectivement touchés.
Pour Kiev, réussir à perturber la navigation constitue déjà un moyen d’affaiblir l’utilisation de cette zone stratégique par Moscou.
Une nouvelle démonstration de la stratégie ukrainienne
Avec cette campagne visant 28 navires, l’Ukraine cherche à montrer qu’une flotte conventionnelle plus réduite ne signifie pas nécessairement l’impossibilité d’agir en mer.
Les drones marins offrent à Kiev une manière différente de mener la confrontation.
Selon le bilan ukrainien, 21 pétroliers, deux cargos, un navire spécial et quatre remorqueurs ont été visés dans la mer d’Azov.
Ces chiffres proviennent des autorités ukrainiennes et doivent donc être considérés comme le bilan revendiqué par Kiev.
L’opération illustre néanmoins l’importance grandissante des systèmes sans pilote dans le conflit.
En utilisant des appareils comme le Sea Baby, l’Ukraine cherche moins à égaler la puissance navale russe qu’à limiter sa liberté d’action. Une stratégie asymétrique qui fait désormais de la mer, au même titre que le ciel et le champ de bataille terrestre, l’un des principaux terrains de la guerre des drones.