
Cette fois, le message devient encore plus précis. Le restaurateur lui donne 24 heures pour restituer l’argent et réparer les dégâts.
Dans le cas contraire, il promet de rendre publiques les images enregistrées par les caméras de vidéosurveillance. L’ultimatum est donc clairement posé.
Cependant, le voleur ne se manifeste pas dans le délai annoncé. Yannick Pitton décide alors de mettre ses menaces à exécution.
« Mon garçon, tu as 24 heures pour… »
Le dimanche 13 juin, trois jours après le cambriolage, le restaurateur publie une nouvelle vidéo. Dans celle-ci, il cite nommément le suspect.
Comme il l’avait promis, Yannick Pitton dévoile également son visage aux internautes. Mais il ne s’arrête pas à cette publication.
Le restaurateur présente aussi ce qu’il décrit comme le « CV » du cambrioleur présumé. Il communique diverses informations qu’il attribue à des sources policières et judiciaires.
Ainsi, trois jours après l’intrusion dans sa brasserie, l’affaire prend une nouvelle dimension. Le suspect se retrouve publiquement identifié sur les réseaux sociaux.
Toutefois, cette démarche pourrait désormais se retourner contre le restaurateur. En effet, le droit français encadre strictement ce type de publication.
Le restaurateur pourrait passer de victime à accusé
Nommer publiquement un suspect, montrer son visage et détailler son passé judiciaire avant toute condamnation pose un problème juridique. Une telle démarche est contraire au droit français.
« La diffusion publique de l’image et de l’identité d’une personne non condamnée se heurte à la présomption d’innocence et au droit à la vie privée », rappelle Le Tribunal du Net.
En France, une personne soupçonnée reste présumée innocente tant qu’un jugement définitif n’a pas établi sa culpabilité. Désigner publiquement quelqu’un comme coupable avant cette étape peut donc constituer une atteinte à ce principe.
Par conséquent, Yannick Pitton pourrait lui-même faire l’objet de poursuites. Celles-ci pourraient notamment venir de la personne qu’il accuse publiquement du cambriolage.
La situation est donc particulière. Après avoir été victime d’une intrusion nocturne dans son établissement, le restaurateur pourrait à son tour être mis en cause.
Une plainte déposée auprès des gendarmes
En parallèle de ses publications sur les réseaux sociaux, Yannick Pitton a également suivi la voie judiciaire. Il indique avoir déposé plainte dès la découverte du cambriolage.
Le restaurateur a aussi transmis l’ensemble des images enregistrées par ses caméras de surveillance. Ces éléments ont été remis aux gendarmes de Lectoure.
Désormais, l’enquête suit son cours. Les autorités doivent donc poursuivre leurs investigations afin d’établir précisément les responsabilités dans cette affaire.
De son côté, Yannick Pitton a choisi une méthode particulièrement médiatisée pour tenter de retrouver l’argent dérobé. Son téléphone portable lui a permis de toucher des millions d’internautes.
Cependant, cette stratégie pourrait également avoir des conséquences judiciaires pour lui. La présomption d’innocence et le droit à la vie privée restent applicables, même après un cambriolage.