PHOTOS – Une émotion à fleur de peau : Paris a rendu un dernier hommage bouleversant à Nathalie Baye
Ce vendredi 24 avril, une atmosphère chargée d’émotion enveloppait Église Saint-Sulpice, où proches, figures du cinéma et anonymes se sont réunis pour dire adieu à Nathalie Baye. Disparue le 17 avril à l’âge de 77 ans des suites de la maladie à corps de Lewy, la comédienne laisse derrière elle une empreinte profonde dans le paysage artistique français — et dans le cœur de ceux qui l’ont aimée.
Au centre de cette cérémonie empreinte de dignité, un homme a discrètement marqué les esprits : le père Christian Lancrey-Javal. Officiant de la messe, il n’était pas un inconnu pour la famille. Bien au contraire. Pour Laura Smet, fille de la défunte, il représente bien plus qu’un prêtre : il est un proche, cousin de son mari Raphaël Lancrey-Javal. Leur histoire commune remonte notamment à 2019, lorsqu’il avait célébré leur mariage au Cap Ferret, en l’église Notre-Dame des Flots.
Un soutien humain dans un moment d’une rare intensité
Cette proximité s’est ressentie tout au long de la cérémonie. Attentif, profondément bienveillant, le père Christian a accompagné Laura Smet dans chaque instant de cette épreuve. À la sortie de l’église, il lui a tenu la main, geste simple mais chargé de sens, avant que l’actrice n’embrasse avec une infinie douleur le cercueil de sa mère. Des gestes silencieux, mais d’une puissance émotionnelle rare.

Dans son homélie, le prêtre a dressé un portrait lumineux de la comédienne, saluant « l’intelligence et la beauté, l’élégance et la gaieté » de Nathalie Baye. Il a également évoqué « le génie de l’amitié » qui la caractérisait, rappelant sa capacité sincère à s’intéresser aux autres. Des mots justes, sobres, mais profondément touchants.
Un parcours de vie hors du commun
Le destin du père Christian Lancrey-Javal lui-même ne laisse pas indifférent. Avant de devenir prêtre, il menait une vie bien différente. Chef d’entreprise dans les années 1990, à la tête d’un cabinet de communication prospère, il évoluait dans un univers rythmé par les affaires et les plaisirs de la vie. Mais à 34 ans, un cancer bouleverse son existence.
Face à la maladie, il vit une transformation intérieure profonde. Après une retraite spirituelle chez les jésuites, il choisit de consacrer sa vie à la foi et devient prêtre à 35 ans. Depuis, il a exercé notamment à Notre-Dame-de-Compassion à Paris, jusqu’en 2025, guidé par une vocation née dans l’épreuve.

Une cérémonie entre larmes, souvenirs et dignité
Près de 400 personnes ont pris place dans la nef de Saint-Sulpice pour ce dernier hommage. La cérémonie s’est ouverte sur un moment suspendu : Valérie Lemercier a interprété Mon amie la rose, enveloppant l’assemblée d’une douce mélancolie. Puis Jacques Weber a lu un texte poignant, rappelant la grandeur artistique et humaine de la disparue.

Le moment le plus bouleversant est sans doute venu lorsque Laura Smet a pris la parole. La voix tremblante, les mots chargés d’amour, elle a évoqué le lien indéfectible qui l’unissait à sa mère. Une déclaration intime, pudique, mais déchirante.
À l’issue de la cérémonie, l’actrice a tenu à saluer les anonymes venus nombreux. Sous les applaudissements et les messages de soutien, elle a remercié chacun avec une dignité remarquable. Une dernière image forte, à la hauteur de l’hommage rendu à Nathalie Baye : sincère, élégante et profondément humaine.
