
Marine Le Pen était sur LCI ce jeudi 29 mai. Interrogée sur un sujet qui fait l’actualité et sur lequel elle souhaite être entendue, la cheffe de file du Rassemblement national a insinué que le président du parti, Jordan Bardella, n’était pas au fait du dossier. Le signe d’une mésentente ?
Jordan Bardella est peut-être le président du Rassemblement national, mais Marine Le Pen n’en reste pas moins la dirigeante du parti. Invitée dans la matinale de LCI ce jeudi 29 mai, depuis Nouméa, la députée et cheffe de file des élus à l’Assemblée nationale s’est exprimée sur les futures consultations concernant l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, mi-juin, disant vouloir y « participer ».
Si l’Élysée a fait savoir que « les parties prenantes de la Nouvelle-Calédonie » étaient invitées à Paris pour trouver un accord entre indépendantistes et non-indépendantistes, Marine Le Pen souhaite, elle aussi, être entendue sur ce sujet d’intérêt national.
Interrogée sur la possibilité que Jordan Bardella prenne part à ces discussions, l’élue du Pas-de-Calais a déclaré : « Je ne suis pas sûre que Jordan, pour le coup, connaisse très bien les problématiques de la Nouvelle-Calédonie. » Une manière de recadrer son poulain qui, fort de son score historique aux dernières élections européennes, se dit aujourd’hui prêt à se substituer à Marine Le Pen en 2027, si elle n’était pas autorisée à se présenter. « On se partage nos talents, dirons-nous. », a-t-elle poursuivi sur LCI, confirmant toutefois qu’il avait « la stature pour être Premier ministre ».
💬 "Je ne suis pas sûre que Jordan connaisse très bien les problématiques de la Nouvelle-Calédonie"
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Marine Le Pen tacle Jordan Bardella lors de son déplacement à Nouméa pic.twitter.com/M7b2yLfU7L
Jordan Bardella réaffirme sa proximité avec Marine Le Pen : « Pas une feuille de papier à cigarettes entre nous »
Bien qu’elle ait réaffirmé son désir de présenter son « duo » avec Jordan Bardella aux Français pour l’élection présidentielle de 2027, Marine Le Pen a, ce jeudi, bien marqué son souhait de garder la main sur les sujets nationaux. Serait-ce le signe d’un conflit de pouvoirs interne au Rassemblement national ? En déplacement à Beaucaire, dans le Gard, le député européen de 29 ans n’a pas souhaité réagir à l’affirmation de Marine Le Pen concernant sa connaissance du dossier Calédonien.
« Je ne rentrerai pas dans le concours de la petite phrase, qui consiste à surcommenter, surinterpréter ce qui est dit de part et d’autre. Elle ne dit pas que je ne connais pas le dossier. Et je ne m’amuserais pas à répondre à ce genre de questions, je pense que vous sortez la phrase de son contexte », a-t-il répondu aux journalistes présents, assurant qu’il n’existait pas l’épaisseur « d’une feuille de papier à cigarette entre [eux] ». « Je connais très bien les sujets ultramarins et notamment celui de la Calédonie française », a-t-il conclu.
"Je connais très bien les dossiers ultramarins", assure Jordan Bardella, après le tacle de Marine Le Pen pic.twitter.com/gNd6eN4Y5u
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Le 1er mai dernier, déjà, Marine Le Pen avait remis les pendules à l’heure lors d’un meeting à Narbonne, affirmant qu’elle comptait bien faire annuler sa peine d’inéligibilité en appel, et ainsi être la candidate du RN en 2027, après que Jordan Bardella a déclaré : « Si elle devait être empêchée demain, je pense pouvoir vous dire que je serais son candidat. » Mais dans les rangs du parti, on nie toute mésentente entre le président et la cheffe de file.
« Il y a une grande confiance entre eux. Ils travaillent en étroite collaboration avec l’ensemble des cadres du Rassemblement national pour la victoire de 2027 », a confirmé sur TF1 la députée et vice-présidente du RN, Edwige Diaz. « Tout va bien au RN », a, de son côté, déclaré le porte-parole et élu Laurent Jacobelli, insistant tout de même sur franceinfo sur le fait que « Marine Le Pen est la patronne ». « Elle est notre candidate légitime. »