
Le chanteur et comédien Patrick Bruel se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une vive controverse. Une enquête publiée par Mediapart ce mercredi 18 mars met en lumière les témoignages de huit femmes accusant l’artiste d’agressions sexuelles présumées, sur une période s’étalant de 1992 à 2019. Ces révélations ont immédiatement suscité de nombreuses réactions dans le monde artistique, notamment celles de Alexandra Lamy et de sa fille Chloé Jouannet.
À 66 ans, Patrick Bruel, actuellement à l’affiche de la pièce Deuxième Partie de Samuel Benchetrit au théâtre Édouard VII à Paris, voit son actualité artistique éclipsée par cette affaire aux lourdes accusations. L’enquête de Mediapart repose sur des témoignages détaillés de victimes présumées, parmi lesquelles figure une mineure au moment des faits évoqués. L’une des plaignantes, Daniela Elstner, est à l’origine de ces révélations après avoir déposé plainte le 12 mars dernier, soit près de 29 ans après les faits qu’elle dénonce.
Dans son récit, Daniela Elstner décrit une scène particulièrement violente qui se serait déroulée en 1997 lors du Festival du film français d’Acapulco, au Mexique. Âgée alors de 26 ans et travaillant comme assistante pour Unifrance, elle affirme s’être retrouvée enfermée dans une voiture avec le chanteur, qui aurait eu un comportement agressif et intrusif. Elle évoque notamment des gestes forcés, des tentatives de déshabillage et des attouchements. Elle raconte également avoir été emmenée dans une chambre d’hôtel, d’où elle aurait réussi à s’échapper après s’être débattue et avoir crié. Des accusations que Patrick Bruel conteste fermement par l’intermédiaire de son avocat, Christophe Ingrain, qui assure que son client « n’a jamais outrepassé un refus ».
Ces révélations ont rapidement provoqué une vague de réactions. Parmi les premières à s’exprimer, la réalisatrice et militante féministe Andréa Bescond a publiquement apporté son soutien aux plaignantes, une prise de position relayée ensuite par Alexandra Lamy. Quelques heures plus tard, Chloé Jouannet a également partagé l’article sur ses réseaux sociaux en y ajoutant un commentaire bref mais lourd de sens : « Enfin. »
Au-delà du témoignage de Daniela Elstner, l’enquête de Mediapart met en avant d’autres récits troublants. Une femme, âgée de seulement 15 ans au moment des faits qu’elle dénonce, affirme avoir été victime d’un baiser forcé en 1992 lors du tournoi de l’US Open. Elle raconte qu’au cours d’une promenade, le chanteur se serait brusquement rapproché d’elle, avant de la coincer contre la paroi d’un ascenseur pour tenter de l’embrasser. Fan de l’artiste à l’époque, elle évoque un souvenir marquant, décrivant un contraste saisissant entre l’image publique de l’artiste et son comportement supposé en privé : « Il avait un côté Dr. Jekyll et M. Hyde. »
Ce n’est pas la première fois que Patrick Bruel est visé par de telles accusations. En 2019 déjà, deux masseuses travaillant dans des spas de luxe avaient dénoncé des comportements jugés déplacés de sa part. Toutefois, l’affaire avait été classée sans suite en 2020, faute d’éléments suffisants pour engager des poursuites judiciaires.

Aujourd’hui, la situation semble prendre une nouvelle ampleur. Outre la plainte déposée par Daniela Elstner, une autre procédure judiciaire a été engagée pour viol. Selon Mediapart, une enquête préliminaire est actuellement en cours, menée par le parquet de Saint-Malo. Les faits présumés remonteraient à l’automne 2012, lors du Festival du film britannique de Dinard, où Patrick Bruel occupait le rôle de président du jury. La plaignante, qui n’a pas souhaité s’exprimer publiquement, aurait saisi la justice récemment.
À ce stade, l’artiste bénéficie pleinement de la présomption d’innocence, principe fondamental du droit français. L’enquête devra désormais déterminer la véracité des faits avancés et établir les responsabilités éventuelles. En attendant, cette affaire continue de susciter de vifs débats, tant dans les médias que sur les réseaux sociaux, relançant une fois encore les discussions autour des violences sexuelles et de la parole des victimes dans le milieu artistique.