
Des évolutions pour l’examen du permis
La réforme prévoit aussi des modifications concernant l’obtention ou le renouvellement du permis de conduire. Les eurodéputés souhaitent introduire un contrôle médical comprenant notamment des tests ophtalmologiques et cardiovasculaires afin de vérifier que les conducteurs disposent des capacités physiques nécessaires pour conduire en toute sécurité.
Cependant, là encore, les États membres conserveront une certaine liberté. Ils pourront choisir de remplacer cette visite médicale par un système d’auto-évaluation ou par d’autres méthodes d’évaluation définies au niveau national. En pratique, la visite médicale ne sera donc pas systématiquement obligatoire partout en Europe.
En revanche, l’examen du permis lui-même devrait devenir plus exigeant. Les candidats devront désormais être évalués sur de nouveaux aspects liés à l’évolution de la conduite moderne. Des questions ou exercices supplémentaires porteront notamment sur les dangers liés aux angles morts, l’utilisation des systèmes d’assistance à la conduite, l’ouverture sécurisée des portières pour éviter les accidents avec les cyclistes, ou encore les risques de distraction causés par l’usage du téléphone portable.
Les autorités européennes souhaitent également renforcer la sensibilisation aux usagers les plus vulnérables de la route. Les formations devront davantage insister sur les dangers encourus par les piétons, les enfants, les cyclistes et les utilisateurs de trottinettes ou d’autres modes de transport doux.
Des sanctions applicables même à l’étranger
Un autre point important de la réforme concerne les infractions commises à l’étranger. Jusqu’à présent, certains conducteurs pouvaient parfois échapper à des sanctions lorsqu’ils commettaient une infraction dans un autre pays européen.
Désormais, les États membres devront mieux partager leurs informations afin de lutter contre cette forme d’impunité. Si un conducteur commet une infraction grave dans un autre pays de l’Union européenne, celle-ci pourra être automatiquement signalée aux autorités qui ont délivré son permis.
Les autorités nationales devront se transmettre rapidement les décisions liées aux sanctions les plus graves, comme la conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, l’implication dans un accident mortel ou encore les excès de vitesse très importants – par exemple rouler à plus de 50 km/h au-dessus de la limite autorisée.
Une période probatoire renforcée pour les jeunes
La réforme introduit également des changements importants pour les jeunes conducteurs. Une période probatoire d’au moins deux ans deviendra la règle pour tous les nouveaux titulaires du permis. Durant cette période, les sanctions seront plus strictes en cas d’infraction, notamment pour la conduite sous l’emprise de l’alcool ou le non-port de la ceinture de sécurité.
La nouvelle réglementation permettra également aux jeunes de 17 ans d’obtenir leur permis de conduire, mais ils ne pourront conduire qu’accompagnés d’un adulte expérimenté jusqu’à leur majorité, dans le cadre de la conduite accompagnée.
Enfin, la réforme ouvre aussi davantage de possibilités dans le secteur du transport professionnel. Les jeunes adultes de 18 ans pourront désormais passer le permis poids lourds de catégorie C, tandis que l’examen pour conduire des bus (catégorie D) pourra être accessible dès 21 ans, à condition de posséder un certificat d’aptitude professionnelle.
Au final, cette réforme européenne vise à harmoniser progressivement les règles du permis de conduire dans toute l’Union européenne. Si certaines mesures restent encore modulables selon les pays, les automobilistes devront néanmoins s’habituer, dans les années à venir, à un système plus moderne et davantage tourné vers la sécurité routière.