
Un sondage IFOP/FIDUCIAL mené pour Sud Radio et L’Opinion, publié le mardi 30 septembre 2025, a provoqué une véritable onde de choc dans le paysage politique français. Il révèle les intentions de vote des Français pour le premier tour de l’élection présidentielle de 2027 et bouleverse d’ores et déjà les stratégies des différents partis. Certains camps en sortent renforcés, tandis que d’autres voient leur base électorale s’effriter dangereusement.
Dès la veille, la presse s’était emparée de l’affaire après la fuite des résultats du sondage. Réalisé auprès de 1 127 Français les 24 et 25 septembre, ce baromètre politique commandé par Sud Radio et le journal L’Opinion montre un profond désaveu vis-à-vis de la majorité présidentielle actuelle. Par rapport au précédent sondage de mai 2025, les équilibres politiques ont été considérablement modifiés. Certains candidats progressent nettement, quand d’autres reculent à des niveaux historiquement bas, laissant présager une recomposition complète de la scène politique.
Un sondage qui enterre définitivement la Macronie ?
Le constat est sans appel : la Macronie et son fameux “bloc central” semblent condamnés. Malgré la nomination de Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre, censée redonner un souffle à la majorité, les électeurs se montrent peu convaincus. Les différentes hypothèses testées par l’IFOP mettent en lumière l’affaiblissement spectaculaire de ce courant qui avait pourtant dominé la vie politique depuis 2017.
- Édouard Philippe candidat du bloc central face à Marine Le Pen (RN) ;
- Édouard Philippe face à Jordan Bardella (RN) ;
- Olivier Faure (PP-PS) contre Philippe et Bardella ;
- Gabriel Attal candidat du bloc central face à Bardella ;
- Gérald Darmanin contre Bardella ;
- François Bayrou contre Bardella.
*PP : Place publique – PS : Parti socialiste
L’effondrement du bloc central en chiffres
Dans chacune de ces configurations, le « bloc central » s’effondre. Gabriel Attal, considéré comme l’héritier potentiel de la Macronie, ne dépasserait pas 10 % des intentions de vote. Gérald Darmanin descendrait à 7 %, tandis que François Bayrou, figure historique du centre, plafonnerait à un maigre 3 %. Seul Édouard Philippe, ancien Premier ministre et maire du Havre, conserve une assise plus solide, mais insuffisante pour créer la surprise. Ce décrochage souligne une fracture profonde entre l’électorat et l’actuelle majorité.
Le sondage détaille également les performances des autres personnalités. Voici un aperçu, classé des plus faibles aux plus prometteuses :
Nathalie Artaud (Lutte ouvrière) : 1 à 2 %

Candide tenace de l’extrême gauche, Nathalie Artaud recueillerait entre 1 et 2 % selon les scénarios. Si son socle reste limité, il traduit néanmoins la constance de Lutte ouvrière à chaque élection présidentielle. Sa présence rappelle l’importance des candidatures de témoignage dans le débat démocratique.
Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) : 2 à 3 %

Lui aussi en déclin, Nicolas Dupont-Aignan atteindrait entre 2 et 3 % des intentions de vote. Autrefois perçu comme une alternative souverainiste, il ne parvient plus à capter l’attention des électeurs, concurrencé directement par le Rassemblement national et Reconquête!.
Fabien Roussel (PCF) : 3 à 5 %

Le candidat du Parti communiste, Fabien Roussel, se maintiendrait entre 3 et 5 %. Ses sorties médiatiques et son positionnement « populaire » séduisent une partie de l’électorat de gauche, mais il peine encore à élargir sa base face à Jean-Luc Mélenchon.
Eric Zemmour (Reconquête!) : 4 à 5 %

L’ancien polémiste, fondateur de Reconquête!, ne dépasserait pas 5 %. Malgré un noyau fidèle, il pâtit de la montée en puissance de Jordan Bardella, qui capte désormais l’essentiel de l’électorat d’extrême droite.