
Apparue sans prévenir sur le corps, cette minuscule tache rouge peut intriguer. Une dermatologue nous éclaire sur l’angiome rubis, ce phénomène cutané bénin qui s’invite avec l’âge.
Il débarque en solo ou en escouade sur le ventre, le dos, parfois ailleurs. À première vue, on pourrait le confondre avec un grain de beauté. Mais il n’en est rien. «Il s’agit d’une tache rubis, aussi appelée cliniquement “angiome rubis”.
Cela n’a rien à voir avec le grain de beauté, qui est un regroupement de mélanocytes – les cellules pigmentaires de peau», annonce d’entrée le professeur Gaëlle Quéreux, Dermatologue, Présidente de la Société Française de Dermatologie (SFD) et Cheffe du service Dermatologie du CHU de Nantes. «L’angiome rubis, lui, est dû à la dilatation d’un vaisseau dans la peau. Ce qui provoque cette petite tache rouge caractéristique», explique la spécialiste.
«Il y a souvent une composante génétique»
Quelques indices permettent de l’identifier et de le différencier des autres lésions cutanées. «L’angiome rubis mesure entre 1 et 3 millimètres. Sa couleur est assez variée, cela peut aller du rose-rouge au rouge vif, ou même au violacé, décrit la dermatologue. Souvent, quand il apparaît, il est assez plat, puis avec le temps, il prend un petit relief parfaitement limité. Quand on appuie dessus légèrement, il s’efface un peu et se recolore».

Il peut apparaître en toute discrétion — un ou deux, par-ci par-là — ou se multiplier. «Il y a souvent une composante génétique», ajoute le Professeur Quéreux.
Pas de danger, juste un effet du temps
Pas de quoi déclencher l’alerte rouge. «L’angiome rubis est complètement bénin et indolore. Il n’est pas inquiétant et il ne se transformera jamais en cancer. Pas besoin de faire de biopsie, rassure l’experte. C’est quelque chose de physiologique, qui survient avec l’âge. Il est extrêmement banal de le voir surgir à partir de la trentaine.»
Il est extrêmement banal de voir un angiome rubis surgir à partir de la trentaine.Professeur Gaëlle Quéreux, Dermatologue, présidente de la SFD et cheffe du service dermatologie du CHU de Nantes
En l’absence de gêne, aucun traitement n’est nécessaire. «Mais si l’angiome pose un souci esthétique à cause de leur localisation ou de sa taille, il est possible d’avoir recours à un traitement local pour faire disparaître l’angiome, mais ce n’est pas forcément recommandé», prévient-elle.
Le médecin peut alors pratiquer la technique de l’électrocoagulation. «C’est une intervention très simple qui consiste à envoyer un petit courant électrique au niveau de ce vaisseau dilaté. Cela va le “brûler”, et ainsi l’angiome disparaît», indique-t-elle. À noter cependant que «cela n’empêche pas que d’autres taches rubis apparaissent par la suite.»
Toutefois, en cas de doute, il ne faut pas hésiter à montrer la petite tache à son médecin ou à un dermatologue afin d’obtenir un diagnostic professionnel.