
Depuis plusieurs mois, les révélations autour du comportement de Gérard Depardieu se multiplient. Le magazine Le Monde a choisi de consacrer une série d’enquêtes à l’acteur, afin de mieux comprendre les accusations qui le visent. À cette occasion, Sophie Marceau a accepté de revenir sur les violences qu’elle affirme avoir subies lors du tournage du film Police en 1985.
Pour beaucoup de Françaises et de Français, Gérard Depardieu reste une légende du cinéma. De Cyrano de Bergerac à Astérix et Obélix, il a marqué des générations de spectateurs. Pourtant, depuis plusieurs mois, des témoignages particulièrement inquiétants émergent. En avril, Mediapart révélait que pas moins de treize femmes accusaient l’acteur d’agressions sexuelles, un dossier glaçant qui a encouragé d’autres victimes présumées à s’exprimer.
Parmi elles, une jeune femme prénommée Léa a raconté ce qu’elle aurait vécu lors du tournage d’un téléfilm. Selon son récit, Gérard Depardieu lui aurait fait des avances grossières et aurait tenté d’abuser d’elle dans les couloirs d’un hôtel. Ces révélations ont poussé les journalistes Raphaëlle Bacqué et Samuel Blumenfeld à mener une investigation pour Le Monde, publiée sous le titre Le cas Depardieu : la chute d’un ogre. Dans le troisième épisode de cette enquête, c’est Sophie Marceau elle-même qui dévoile son témoignage.
Sophie Marceau face à la violence de Gérard Depardieu
« C’est un prédateur. » En 2015 déjà, Sophie Marceau avait brièvement évoqué l’enfer qu’avait été pour elle le tournage de Police, réalisé par Maurice Pialat. Pour Le Monde, elle accepte aujourd’hui d’en dire davantage. En 1985, elle n’avait que 18 ans lorsqu’elle a été choisie pour jouer aux côtés de Gérard Depardieu. Selon elle, les humiliations ont commencé presque immédiatement : l’acteur aurait mangé des escargots juste avant une scène très rapprochée, dans le seul but de la mettre mal à l’aise. Plus tard, il l’aurait giflée plusieurs fois lors d’une scène, prétendument pour la rendre plus réaliste. Ces coups l’auraient fait fondre en larmes.
Outre les humiliations et les violences physiques, Sophie Marceau explique avoir été victime de gestes déplacés. Lors d’une scène dans un lit, elle aurait ressenti “l’omniprésence” des mains de Gérard Depardieu sur son corps. Elle révèle également que l’acteur se comportait de manière similaire avec une technicienne du tournage, allant jusqu’à lui toucher les seins ou les fesses en plaisantant pour lui dire bonjour.
À l’époque, alors même que le film sortait au cinéma, Sophie Marceau avait déjà tenté de dénoncer ces comportements. Elle s’était heurtée à la défense immédiate de Maurice Pialat, qui n’avait pas hésité à la traiter de “grosse conne”. Un contexte qui explique sans doute pourquoi tant de ces agissements ont été passés sous silence pendant des années. Aujourd’hui, dans un climat plus attentif à la parole des femmes, ces faits ne peuvent plus être ignorés.