Dès les premiers mots, le chanteur laisse apparaître toute son émotion.
« Tachan s’est barré ! Henri, c’est la première vacherie que tu nous fais », écrit Pierre Perret.
Puis, il poursuit en s’adressant directement au disparu : « T’avais pas le droit de te tirer comme ça en loucedé, sans rien dire à personne, comme d’hab ! »
Derrière ces mots teintés de l’humour caractéristique de Pierre Perret se cache une immense tristesse. Les deux artistes partageaient en effet une histoire qui remontait à plusieurs décennies.
Pierre Perret avait produit les premiers albums d’Henri Tachan
Dans son hommage, Pierre Perret revient notamment sur les débuts de son ami. Avec son épouse Simone, que Tachan appelait « Momone », il avait participé au lancement de sa carrière.
« C’est Momone (comme tu l’appelais) et moi qui avions sorti tes deux premiers albums : 24 chansons, les plus magnifiques, de l’éternel révolté que tu étais », se souvient-il.
À cette époque, Pierre Perret et son épouse venaient de créer leur propre structure.
« Nous venions de créer la 1re marque indépendante (les disques Adèles) », poursuit le chanteur.
Cependant, faire entendre les chansons d’Henri Tachan n’était pas simple. Selon Pierre Perret, les radios ne souhaitaient pas diffuser ses titres.
« Aucune radio ne voulait diffuser ces horribles chansons »
Pierre Perret se souvient parfaitement des difficultés rencontrées par son ami. Il explique que les chansons d’Henri Tachan dérangeaient certaines radios.
« Aucune radio ne voulait diffuser “ces horribles chansons”… Je connaissais le problème ! », écrit-il.
Cette situation n’était donc pas totalement étrangère à Pierre Perret. Lui aussi connaissait les difficultés rencontrées par les artistes dont les textes pouvaient déranger.
Pourtant, Pierre Perret reste convaincu de la qualité du répertoire de son ami. Dans son message, il cite plusieurs chansons auxquelles il reste particulièrement attaché.
« Pourtant, “Une gare”, “Ma mère”, “Toutes les femmes sont belles” ou “Dupont” (à laquelle tu as voulu que je participe !) ne sont-elles pas de bien grandes et belles chansons d’amour et de révolte ?! », demande-t-il.