
Ilham Aliev avait également accusé Moscou de vouloir « dissimuler le problème ». Cette déclaration avait illustré l’ampleur des tensions apparues après le crash.
De son côté, Vladimir Poutine avait fini par présenter des excuses. Cependant, ses propos ne constituaient pas alors une reconnaissance explicite de responsabilité.
Le président russe avait présenté ses excuses « pour le fait que cet incident tragique se soit produit dans l’espace aérien russe ».
La formulation avait donc laissé ouverte la question précise du rôle de Moscou dans l’accident. Cette situation avait continué d’alimenter les tensions avec Bakou.
Le rôle de la défense antiaérienne russe reconnu
Le nouvel accord marque ainsi une évolution importante. Il reconnaît désormais le rôle de la défense antiaérienne russe dans les événements ayant conduit au crash.
La responsabilité évoquée reste toutefois présentée comme involontaire. Cette reconnaissance intervient presque un an et demi après la catastrophe.
En parallèle, les compensations financières prévues doivent accompagner l’accord conclu entre les deux pays. Aucun détail supplémentaire n’a cependant été donné à ce sujet.
Cette évolution pourrait contribuer au réchauffement des relations bilatérales. Depuis l’accident, les échanges entre Bakou et Moscou avaient été marqués par les désaccords autour des responsabilités.
La position du président azerbaïdjanais avait été particulièrement claire. Il souhaitait que la Russie reconnaisse officiellement son implication dans le drame.
L’accord annoncé mercredi 15 avril répond désormais à cette demande en reconnaissant le rôle de la défense antiaérienne russe.
Kaja Kallas avait réagi après le crash
L’accident avait également provoqué des réactions au niveau européen. Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, s’était notamment exprimée sur le drame.
L’Estonienne avait estimé que ce crash rappelait douloureusement celui d’un appareil de Malaysia Airlines survenu en 2014.
Ce précédent accident avait causé la mort de 298 personnes. Une enquête internationale avait conclu que l’avion avait été abattu par un missile antiaérien BUK russe.
L’appareil se trouvait alors au-dessus d’une zone de l’Ukraine contrôlée par des rebelles séparatistes prorusses.
Cette comparaison avait donc renforcé l’attention internationale portée aux circonstances du crash de l’avion d’Azerbaïdjan Airlines.
Un accord après de longs mois de tensions
Le crash du 25 décembre 2024 avait profondément affecté les relations entre la Russie et l’Azerbaïdjan. Pendant de nombreux mois, la question de la responsabilité russe est restée au cœur du différend.
Bakou réclamait une reconnaissance officielle. Moscou avait, dans un premier temps, présenté des excuses pour le fait que l’accident se soit produit dans l’espace aérien russe.
Désormais, les deux pays ont franchi une nouvelle étape. Leur accord reconnaît le rôle de la défense antiaérienne russe et prévoit également des compensations financières.
Les détails de ces indemnisations n’ont toutefois pas été précisés. Cette reconnaissance pourrait néanmoins favoriser un rapprochement entre les deux États après une période particulièrement tendue.
Près d’un an et demi après le crash qui avait coûté la vie à 38 personnes, Moscou et Bakou semblent donc avoir trouvé un terrain d’entente. L’accord constitue une évolution majeure dans une affaire qui avait durablement affecté leurs relations diplomatiques.