Ces différents éléments alimentent progressivement les soupçons des enquêteurs et des magistrats chargés du dossier. Les investigations ne portent plus uniquement sur les circonstances du décès de la jeune femme, mais également sur le comportement général de la mère à l’égard de ses deux filles.
Au cours de l’instruction, plusieurs expertises psychiatriques sont réalisées afin d’évaluer l’état psychique de l’accusée. Les spécialistes concluent qu’elle ne présente aucune anomalie mentale ou psychique susceptible d’altérer son discernement ou le contrôle de ses actes. En revanche, les experts mettent en avant plusieurs comportements jugés préoccupants. Ils évoquent notamment une possible surprotection maternelle, une surmédicalisation de ses deux filles ainsi qu’une forme d’emprise exercée sur elles.
Les experts soulignent également l’hypothèse d’un possible syndrome de Münchhausen par procuration. Ce trouble rare se caractérise par le fait qu’une personne simule, provoque ou entretient volontairement une maladie chez un tiers, le plus souvent un enfant ou une personne vulnérable, afin d’attirer l’attention ou de se placer au centre des préoccupations de son entourage. Cette hypothèse est évoquée au cours de l’instruction, sans pour autant constituer un diagnostic psychiatrique retenu par les experts.
De son côté, la juge d’instruction estime que les éléments réunis au cours de l’enquête permettent de retenir l’existence d’une “soumission chimique” exercée par l’accusée sur sa fille aînée ainsi que sur sa fille cadette, décédée en novembre 2019. Cette qualification figure parmi les éléments examinés dans le cadre du procès qui s’est ouvert devant la cour d’assises.
L’affaire ne se limite toutefois pas aux accusations concernant les deux jeunes filles. Les enquêteurs soupçonnent également Maylis D. d’avoir tenté d’organiser, depuis sa cellule de détention, l’exécution de Yannick R., son ancien compagnon et père de ses enfants. Cette accusation s’ajoute aux poursuites déjà engagées contre elle et fait également partie des faits examinés par la justice.
Depuis le début de cette procédure judiciaire, Maylis D. conteste l’ensemble des accusations portées contre elle. Elle nie avoir empoisonné ses deux filles et réfute également les autres faits qui lui sont reprochés. Son procès, ouvert ce lundi 24 novembre 2025 devant la cour d’assises de Mont-de-Marsan, doit permettre d’examiner l’ensemble des éléments recueillis au cours de plusieurs années d’enquête, ainsi que les expertises, les témoignages et les différentes pièces du dossier, afin que les jurés puissent se prononcer sur sa responsabilité dans cette affaire particulièrement sensible.
Source :
- BFMTV, 22/11/2025 – Le procès d’une mère suspectée d’avoir empoisonné ses deux filles s’ouvre devant la cour d’assises de Mont-de-Marsan