
La réglisse est souvent associée à l’univers de la confiserie et aux souvenirs d’enfance. Pourtant, derrière son goût si particulier se cachent des composants que l’on retrouve dans de nombreux produits du quotidien. Et lorsqu’elle est consommée en excès, cette plante peut entraîner des troubles de santé parfois sérieux.
À l’approche d’Halloween, les étals des supermarchés se remplissent de bonbons multicolores et de sucreries en tout genre. Dans beaucoup de foyers, cette fête est synonyme de petites entorses aux habitudes alimentaires, notamment pour les enfants, à qui l’on autorise quelques douceurs industrielles supplémentaires.
Parmi ces confiseries, la réglisse occupe une place à part. Appréciée depuis des générations, elle se décline sous de multiples formes : rouleaux, bâtonnets, pastilles ou bonbons gélifiés. À Halloween, elle est particulièrement mise en avant grâce à sa couleur noire emblématique et à sa texture souple, idéale pour façonner des friandises « effrayantes » comme des araignées ou des chauves-souris. Mais si le sucre est souvent pointé du doigt, il n’est pas le seul élément à surveiller dans la réglisse.
Pourquoi la réglisse peut-elle être dangereuse pour la santé ?
Le goût caractéristique de la réglisse provient d’une substance appelée acide glycyrrhizique, aussi connue sous le nom de glycyrrhizine. Cet arôme naturel, ainsi que certains de ses sels, est largement utilisé dans l’industrie alimentaire. Toutefois, plusieurs études scientifiques ont mis en évidence un lien entre une consommation excessive de ces composés et l’apparition de divers problèmes de santé.
Dans un rapport publié au printemps 2025, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) alerte sur des risques d’hypokaliémie, c’est-à-dire une diminution du taux de potassium dans le sang, ainsi que sur une élévation de la pression artérielle. Ces déséquilibres peuvent accroître le risque cardiovasculaire et entraîner, dans certains cas, des complications plus graves comme des troubles du rythme cardiaque.
Les personnes déjà atteintes de maladies cardiovasculaires, rénales ou hépatiques figurent parmi les plus vulnérables, tout comme les femmes enceintes. Selon l’agence, une centaine de cas ont été recensés, associés à une consommation élevée et répétée de boissons ou de confiseries contenant de la réglisse. Ces situations montrent que le danger ne se limite pas à une consommation exceptionnelle, mais concerne surtout les excès réguliers.
Une présence insoupçonnée dans de nombreux produits
Il est difficile pour le consommateur de savoir à partir de quelle quantité la réglisse devient problématique. Le seuil toxique de l’acide glycyrrhizique s’exprime en milligrammes par kilo de poids corporel, et ses effets varient fortement d’une personne à l’autre, notamment en fonction de l’existence de pathologies préalables. Néanmoins, l’Anses estime qu’environ 60 % des adultes et plus de 40 % des enfants consommant de la réglisse dépasseraient le repère toxicologique recommandé.
Cette situation s’explique en grande partie par la présence très répandue de la réglisse dans de nombreux produits. On la retrouve bien sûr dans les bonbons, mais aussi dans certaines boissons aromatisées, des sirops, et même dans des alcools comme le pastis. Sa racine est également réputée pour ses effets sur la digestion, ce qui explique son utilisation fréquente dans des tisanes, des compléments alimentaires ou des préparations à base de plantes.
Les bons réflexes à adopter
Aimer la réglisse n’est pas un problème en soi, à condition de rester vigilant. Pour les personnes à risque, comme celles souffrant de maladies chroniques, les femmes enceintes ou allaitantes, il est vivement recommandé de demander conseil à un professionnel de santé avant d’en consommer régulièrement. Lire attentivement les étiquettes et varier les plaisirs permet aussi de limiter les excès.
En résumé, la réglisse n’est pas qu’un simple bonbon inoffensif. Consommée avec modération, elle peut rester un plaisir occasionnel. En revanche, une consommation excessive et répétée peut exposer à des risques réels pour la santé, qu’il ne faut pas sous-estimer.
Sources : Anses