
Elle l’avait annoncé à demi-mot, elle a fini par franchir le pas. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Les Écologistes, a officiellement déclaré sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.
Une décision forte, mûrement réfléchie, qui vient bousculer une gauche fragmentée et en quête de souffle.
Une annonce assumée, sans détour

C’est dans les colonnes du Le Nouvel Obs que Marine Tondelier a levé le voile, ce mardi 22 octobre 2025, sur son intention de briguer l’Élysée. Fidèle à son franc-parler, elle a choisi de ne pas passer par le processus interne de désignation de son parti. Un choix assumé, presque militant.
Celle qui se décrit comme le « casque bleu de la gauche » revendique une candidature de conviction, ouverte et résolument tournée vers le rassemblement. Selon son entourage, ce geste traduit une impatience politique : ne plus attendre une union hypothétique, mais provoquer une dynamique par le leadership et la clarté du projet.
Une stratégie audacieuse dans un paysage éclaté

Marine Tondelier avance en terrain instable. Depuis plusieurs mois, la gauche peine à retrouver une ligne commune. Le Nouveau Front populaire, né dans l’élan post-législatives de 2024, s’est progressivement effrité, miné par les rivalités et les calculs d’appareil.
En contournant le vote interne de son parti, la dirigeante écologiste envoie un signal clair : l’urgence politique prime sur les procédures. Une posture courageuse pour les uns, risquée pour les autres. En interne, certains redoutent une candidature isolée, susceptible de créer des tensions. Mais pour elle, l’heure n’est plus aux équilibres fragiles, mais à l’initiative.
Une image politique maîtrisée, entre symbole et sincérité

Depuis son accession à la tête des Écologistes, Marine Tondelier a construit une identité reconnaissable. Son blazer vert, devenu signature médiatique, dépasse le simple choix vestimentaire. Il incarne une écologie visible, assumée, populaire.
Dans son livre Demain, si tout va bien…, paru récemment, elle évoque avec autodérision ce vêtement devenu son « doudou politique ». Une façon de désamorcer les critiques tout en revendiquant une singularité dans un univers politique souvent uniforme. Chez elle, le symbole n’efface jamais le fond, il l’accompagne.
Une écologie sociale au cœur du projet présidentiel

Derrière l’image, le projet. Marine Tondelier défend une écologie profondément sociale, pensée pour le quotidien des Français. Son discours se veut anti-élitiste, féministe et résolument tourné vers les classes populaires, souvent les premières exposées aux crises environnementales.
Rénovation thermique des logements, mobilités propres accessibles, protection de l’eau, relocalisation industrielle : elle plaide pour une transition écologique concrète, compréhensible et juste. « L’écologie n’est pas une option morale, c’est une nécessité vitale », martèle-t-elle, déterminée à sortir le débat des cercles experts.
Une candidature qui rebat les cartes à gauche
La déclaration de Marine Tondelier redistribue déjà les équilibres. Face aux ambitions socialistes, insoumises ou communistes pour 2027, elle entend occuper un espace distinct : celui de la cohérence et de la constance.
Sa ligne est claire : unir sans s’effacer, proposer un cap sans écraser. Reste à savoir si cette stratégie parviendra à fédérer au-delà de son camp et à transformer une candidature audacieuse en véritable dynamique nationale. Une chose est sûre : la course à 2027 vient de gagner une nouvelle figure centrale.