La bataille autour des droits de douane imposés par Donald Trump connaît un nouveau rebondissement. Après une décision marquante de la Cour suprême américaine invalidant une partie de ces taxes, plusieurs entreprises américaines réclament désormais des remboursements colossaux. Une situation qui fragilise la stratégie commerciale de l’ancien président et pourrait coûter des milliards de dollars au gouvernement américain.
Le 20 février dernier, la Cour suprême des États-Unis a rendu une décision lourde de conséquences. Par six voix contre trois, les juges ont estimé qu’une partie des hausses de droits de douane instaurées par Donald Trump était illégale. Cette décision fait suite à des recours déposés par plusieurs entreprises américaines qui affirmaient avoir subi de lourdes pertes à cause de ces taxes. Pour ces sociétés, ces mesures protectionnistes ont considérablement alourdi leurs coûts et menacé leur compétitivité.
Un an auparavant pourtant, Donald Trump affichait fièrement sa politique commerciale. Depuis le Bureau ovale, il présentait devant les caméras un tableau détaillant les nouveaux tarifs douaniers, devenu l’un des symboles de sa stratégie économique. L’objectif affiché était clair : ralentir les importations venues notamment d’Asie et d’Europe, et encourager la production nationale. Mais dans la pratique, ces taxes ont surtout touché des entreprises américaines dépendantes de fournisseurs étrangers pour leurs matières premières ou leurs produits.
Une réaction explosive de Donald Trump
La réaction de Donald Trump ne s’est pas fait attendre. Très critique envers la décision de la Cour suprême, l’ancien président a dénoncé ce qu’il considère comme une limitation excessive de ses pouvoirs en matière de politique commerciale. Dans une déclaration particulièrement virulente, il a affirmé que cette décision l’empêchait d’agir librement pour défendre l’économie américaine.
« Je peux détruire le commerce, je peux détruire le pays, j’ai même le droit d’imposer un embargo étranger dévastateur… je peux faire tout ce que je veux, sauf exiger un dollar », a-t-il lancé avec colère. Des propos qui illustrent la tension entre l’exécutif et le pouvoir judiciaire sur la question des tarifs douaniers et de l’étendue des prérogatives présidentielles.
Jusqu’à 170 milliards de dollars en jeu
Pour les entreprises qui ont engagé les procédures judiciaires, la décision de la Cour suprême représente une victoire majeure. Elle pourrait ouvrir la voie à d’importants remboursements. Selon certaines estimations, les droits de douane jugés illégaux pourraient représenter jusqu’à 170 milliards de dollars pour les seuls plaignants américains. Une somme gigantesque qui correspondrait à près de la moitié des montants déjà collectés par l’État grâce à ces taxes.
Rick Woldenberg, dirigeant d’une entreprise de jouets dans l’Illinois et l’un des premiers entrepreneurs à avoir contesté ces mesures devant la justice, illustre bien l’ampleur du problème. « En 2025, nous avons payé un peu plus de 10 millions de dollars de taxes. Pour chaque dollar gagné, nous payons plus d’un dollar en droits de douane. J’attends simplement que le gouvernement me rende l’argent qui nous a été pris », explique-t-il.
