Patrick Bruel accusé de violences sexuelles : Aurore Bergé fait une mise au point

Invitée de la matinale de RTL ce mardi 28 avril, Aurore Bergé a pris la parole sur une affaire particulièrement sensible : les accusations de violences sexuelles visant Patrick Bruel. Face au journaliste Thomas Sotto, la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes a adopté une position mesurée, insistant sur la ضرورة fondamentale de respecter à la fois la parole des plaignantes et la présomption d’innocence.

Depuis la mi-mars, cette affaire ne cesse de susciter débats et réactions. Trois enquêtes distinctes ont été ouvertes en France et en Belgique, à la suite de plaintes déposées entre septembre 2024 et fin mars 2026. Si ces accusations sont graves, Patrick Bruel reste, à ce stade, présumé innocent. Malgré le contexte, l’artiste poursuit ses activités professionnelles et continue notamment de se produire sur la scène du Théâtre Édouard-VII à Paris, un choix qui divise l’opinion publique.

Interrogée sur ce point, Aurore Bergé a rappelé un principe central de l’État de droit : « Il faut respecter la parole des victimes, mais aussi la présomption d’innocence ». Une ligne de conduite qu’elle a défendue avec fermeté tout au long de l’entretien. Pour elle, il est essentiel de ne pas céder à des jugements hâtifs dans une affaire encore en cours d’instruction. « C’est l’exigence qui est la nôtre dans une démocratie », a-t-elle ajouté.

La question d’une éventuelle annulation de la tournée du chanteur a également été abordée. Certaines associations féministes militent en effet pour suspendre ses concerts en France, en Belgique et au Canada. Mais la ministre a opposé un refus clair et sans ambiguïté à cette idée. Selon elle, la décision de maintenir ou non les représentations appartient à l’artiste, à ses producteurs, mais aussi au public : « Les Français sont libres d’y aller ou non ».

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Elle a toutefois reconnu la complexité de sa propre position. En tant que responsable politique en charge de l’Égalité, assister à un concert de Patrick Bruel pourrait être interprété comme un message politique. « Je ne veux pas envoyer un signal qui pourrait être mal compris, surtout dans un contexte judiciaire en cours », a-t-elle expliqué, soulignant la délicatesse de l’équilibre à maintenir.

De son côté, l’artiste conteste fermement les accusations. Une enquête publiée le 18 mars par Mediapart a relayé plusieurs témoignages de femmes se présentant comme victimes présumées. Parmi elles figure Daniela Elstner, qui a déposé plainte pour tentative de viol et agression sexuelle. Elle affirme que les faits remonteraient à l’automne 1997, lors du Festival du film français à Acapulco, au Mexique, où elle travaillait alors comme assistante.

Contacté dans le cadre de cette enquête, Patrick Bruel a réagi par l’intermédiaire de son avocat, Christophe Ingrain. Ce dernier a catégoriquement rejeté les accusations, dénonçant des « allégations infondées ». Le chanteur affirme pour sa part n’avoir « jamais outrepassé un refus » ni exercé la moindre contrainte.

À ce stade, l’affaire en est encore à ses débuts sur le plan judiciaire. Entre appels à soutenir les victimes et rappel du principe de présomption d’innocence, le débat reste vif et profondément clivant. Une chose est certaine : cette situation met en lumière les tensions persistantes entre justice, opinion publique et responsabilité politique, dans un contexte où chaque prise de position est scrutée avec attention.